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"L'empereur du Nord"

titre original "Emperor of the North Pole"
année de production 1973
réalisation Robert Aldrich
photographie Joseph F. Biroc
musique Frank De Vol
interprétation Lee Marvin, Ernest Borgnine, Keith Carradine, Sid Haig

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

On pense aux "Mendiants de la vie" de Wellman ou à Jack London. Toujours chez Aldrich ce goût de la violence : Marvin et Borgnine se déchaînent, et les paysages qui défilent sont magnifiques. Que demander de plus ?

La critique de Sébastien Miguel

Film sur la Grande Dépression ou actioner post-apocalyptique ?

Vu à la rétrospective Aldrich en 2009 à Paris. Une copie caractérielle mais qui, au lieu de perturber le visionnage, ne faisait qu’accentuer le côté ‘film d’exploitation’ de cette production pourtant luxueuse de Kenneth Hyman ("The Hill", "What ever happened to Baby Jane?", "Les douze salopards"). Le script de Christopher Knopf peine souvent à décrire avec acuités les rapports antagonistes s’établissant entre Numéro 1 et Cigarette. Mais est-ce vraiment ce qui intéresse Robert Aldrich ?

Le cinéaste légendaire s’accapare violemment cette commande pour en faire un virulent pamphlet libéral délirant.

Aldrich déforme les visages (Marvin brutal et pouilleux, Borgnine sadique et démoniaque), souligne la crétinerie crasse de l’homme, vomit toutes formes d’autorité (incarnée, ici, par un archange de l’enfer !!!) et n’hésite pas à fustiger l’hypocrisie de la religion tout en exaltant le recours à l’ultra violence.

Armé d’un bataillon de seconds rôles ‘boschiens’ (Charles Tyner, Matt Clark, Elisha Cook, Jr., Simon Oakland...), de la ‘Mikado’ 1915 de Baldwin, d’une photo somptueuse de Joseph Biroc, d’un montage nerveux de Michael Luciano, d’une musique de De Vol, Aldrich déploie avec génie sa puissance formelle dévastatrice : raccords dans l’axe insensés, splitscreen, plans de coupe brutaux, gros plans hallucinants, contre plongées monstrueuses…

La région de Cotton Grove, superbement mise en valeur, devient le décor grandiose d’un combat homérique.

Primitif, caricatural et d’une époustouflante expressivité cinématographique.