Sept hommes restent à tuer

| titre original | "7 Men from Now" |
| année de production | 1956 |
| réalisation | Budd Boetticher |
| scénario | Burt Kennedy |
| photographie | William H. Clothier |
| musique | Henry Vars |
| production | Andrew V. McLaglen et Robert E. Morrison (et John Wayne, non crédité) |
| interprétation | Randolph Scott, Gail Russell, Lee Marvin |
Le titre français du film
Les sept hommes à abattre sont les sept hommes responsables de la mort d'une femme, tuée lors d'un hold-up, et que le mari de cette femme recherche pour se venger.
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Classique par le thème, ce western n'en est pas moins traité avec force et conviction par un réalisateur rompu à ce genre de réalisation. Pas de temps perdu. Pas de plans inutiles. C'est là la force de Boetticher.
Extrait de la chronique du 13 mars 2006 de Bertrand Tavernier
En Zone 1, citons deux ressorties majeures de deux des chefs-d’œuvre du western : "Sept hommes à abattre" de Budd Boetticher et "Coups de feu dans la sierra" de Sam Peckinpah. Revoir le premier, qui avait disparu depuis au moins 30 ans, a été un immense plaisir. Son ton, son style incroyablement ramassé, compact, dense, la rapidité elliptique, fulgurante des dialogues de Burt Kennedy, lui permettent, en moins de 80 minutes, d’accumuler les péripéties, de donner vie à au moins quatre personnages, extrêmement bien dessinés, de suggérer pour chacun d’entre eux un passé, des rapports relativement complexes. La séquence à l’intérieur du chariot durant laquelle Lee Marvin fait du charme à Gail Russell devant son mari et sous l’œil de Randolph Scott est exemplaire. Boetticher déclare d’ailleurs dans l’un des excellents bonus qui accompagnent le film (témoignages de Tarantino et, plus terne, d’Eastwood, interview de Boetticher, documentaire sur Burt Kennedy où l’on découvre qu’il fut un vrai héros de la dernière guerre) que c’est la scène dont il est le plus fier.
"Sept hommes à abattre" lança Lee Marvin, qui est inoubliable dans le film. Le voir s’entraîner à dégainer dans un saloon désert (moment ajouté par Boetticher) est jubilatoire tout comme sa mort, son air surpris, incrédule avant de tomber foudroyé. Mais lors de cette nouvelle vision, j’ai été extrêmement touché par Gail Russell. C’est John Wayne, le producteur du film, qui fit appel à elle en souvenir de "Angel and The Badman" (1947) de James Edward Grant (une bonne version va bientôt sortir) et du "Réveil de la Sorcière Rouge" (1948) de Edward Ludwig, l’un de mes films favoris. Son visage marqué (l’alcoolisme l’avait écartée des plateaux depuis au moins 5 ans et elle mourra quelque temps plus tard à l’âge de 36 ans) donne à sa beauté, à ses yeux verts une fragilité, une fêlure bouleversante. Boetticher déclare qu’elle reste la meilleure actrice parmi celles qui jouèrent dans ses westerns.
Le cycle Ranown
"Sept hommes à abattre" est le premier opus du cycle Ranown, qui désigne les sept collaborations entre le réalisateur Budd Boetticher et l'acteur Randolph Scott. Elles ont eu cours sur une période restreinte de cinq ans, entre 1956 et 1960. Son nom vient de la société Ranown Pictures qui produisit cinq de ces sept films. Ces films sont entrés dans l'histoire du western à côté des chefs-d'œuvre de John Ford et Anthony Mann. En 2001, le festival international du film de Brisbane a consacré à ces westerns une rétrospective intitulée "Budd Boetticher and the Westerns of Ranown". Les six films suivants du cycle sont "L'Homme de l'Arizona" (1957), "Décision à Sundown" (1957), "L'Aventurier du Texas" (1958), "Le Courrier de l'or" (1958), "La Chevauchée de la vengeance" (1959) et "Comanche Station" (1960).
Budd Boetticher et Burt Kennedy
"Sept hommes à abattre" est la première collaboration du réalisateur avec le scénariste (et futur réalisateur lui-même). Suivront "L'Homme de l'Arizona" (1957), "La Chevauchée de la vengeance" (1959) et "Comanche Station" (1960). Il s'agit du premier scénario de Kennedy, qui le proposa à John Wayne, qui lui-même le confia à Budd Boetticher. Il était prévu au départ que The Duke, dont la société Batjac a produit le film, joue le rôle principal, mais engagé par ailleurs sur le tournage de "La Prisonnière du désert" de John Ford, il laissa sa place à Randolph Scott.
Le générique de "Sept hommes à abattre"