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"Coups de feu dans la sierra"

« The Lord's bounty may not be for sale but the Devil's is... if you can pay the price. »

Coups de feu dans la Sierra - affiche

titre original "Ride the High Country"
année de production 1962
réalisation Sam Peckinpah
scénario N.B. Stone Jr.
photographie Lucien Ballard
musique George Bassman
interprétation Randolph Scott, Joel McCrea, Mariette Hartley

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

D'une quasi perfection d'écriture et de mise en scène, "Coups de feu dans la sierra" est un des plus beaux westerns des années soixante, tant du point de vue de la somptuosité de l'image que de celui de l'atmosphère élégiaque qui le baigne, mais aussi un des plus importants. Œuvre charnière sise au terme du western classique et au commencement du western crépusculaire, ce deuxième film de Sam Peckinpah, qui révéla son auteur, apparaît en effet comme le point d'achèvement d'un genre parvenu au sommet de son expression classique et le point de départ d'une nouvelle forme tendant à substituer à la vision mythique de l'Ouest une vision réaliste, ce dont témoigne la présence, en tête de distribution, de deux vedettes de la mythologie westernienne transformées en vieillards fatigués et pas toujours très honnêtes.

Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Western élégiaque et crépusculaire ; des héros fatigués et vieillissants méditent, dans des paysages automnaux, sur la fin d'un monde qui fut le leur.
Faire un western sur la mort de l'Ouest, de ses mythes et de ses héros, signifier par là que le genre est devenu impossible, mais lui rendre vie par cette affirmation même, tel est le propos remarquablement moderne de Peckinpah dans "Coups de feu dans la sierra". L'importance historique de ce film tient à ce que, intelligible uniquement par référence au passé du western qui y est remis en cause, il est à la fois produit et symbole du stade d'évolution le plus récent du genre et, d'une certaine façon, de tout le cinéma américain. Peckinpah, qui est venu au cinéma avec une abondante et nullement négligeable carrière de western-TV derrière lui, s'est fait le chantre de ces désenchantés, las et vaincus qui, depuis quelques années, ont envahi le film d'action, en expulsant l'action au point de lui faire presque perdre sa raison d'être. Le ton élégiaque et les teintes automnales de "Coups de feu dans la sierra" ne célèbrent pas seulement l'agonie d'une époque et celle d'un genre, mais aussi celle des traditions hollywoodiennes.

Affiche française de "Coups de feu dans la sierra" © Roger Soubie

Coups de feu dans la Sierra - affiche

Coups de feu dans la Sierra - générique