Menu Fermer

"La mémoire dans la peau"

1er épisode des aventures de Jason Bourne

titre original "The Bourne Identity"
année de production 2002
réalisation Doug Liman
scénario Tony Gilroy, d'après le roman de Robert Ludlum
photographie Oliver Wood
musique John Powell
interprétation Matt Damon, Franka Potente, Chris Cooper, Clive Owen, Brian Cox, Julia Stiles
suites • "La mort dans la peau", Paul Greengrass, 2004
• "La vengeance dans la peau", Paul Greengrass, 2007
• "Jason Bourne", Paul Greengrass, 2016

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Solide thriller qui tient ses promesses. Damon sait donner à ce tueur repenti une certaine épaisseur.

La critique de Didier Koch

Le film de Doug Liman revisite le film d'espionnage en mode paranoïaque tel que les années 70 l'avaient imposé avec "Les trois jours du Condor" de Sydney Pollack ou "À cause d'un assassinat" d'Alan J. Pakula. La mode venue d’Hollywood avait aussi inspiré avec le plus grand bonheur des metteurs en scène français comme Jacques Deray ("Un papillon sur l'épaule"), Claude Pinoteau ("La 7ème cible") ou Yves Boisset ("Espion, lève-toi").

Reprenant l'essentiel des thèmes abordés dans ces films qui balisent de manière très noble le genre, Doug Liman va un peu à contre-courant de la tendance actuelle, qui veut que l'action syncopée à dominante pyrotechnique soit omniprésente afin que le spectateur n'ait pas le temps de s'appesantir sur des considérations scénaristiques. Le meilleur exemple de cette tendance étant les deux premiers James Bond joués par un Daniel Craig bodybuildé.

Rien de tout cela ici. Bien sûr, Matt Damon, espion amnésique, n'est pas un manchot et possède tous les attributs de l'agent super entraîné, mais sa quête majeure, tel Robert Redford, Lino Ventura ou Warren Beatty en leur temps, est de remonter jusqu'à la source de ses ennuis. Comme le Lino Ventura désorienté d'"Un papillon sur l'épaule", Matt Damon court après son identité en Suisse et à Paris. Dans sa course contre la montre, il sera accompagné d'une Franka Potente habituée à cavaler depuis le fameux "Cours, Lola, cours" (Tom Tykwer, 1998) qui lui a permis de se retrouver dans cette grosse production.

Le classicisme voulu par Liman sera récompensé, et deux suites à succès permettront à Matt Damon d'atteindre définitivement le statut de star bankable. On pense aussi souvent au très réussi "Frantic" de Roman Polanski. Un film bien inspiré, qui repose de toutes les trépidations nées de l'utilisation outrancière des effets spéciaux.