Menu Fermer

"Le temps de l'innocence"

Raging Bull dans un magasin de porcelaine ?

titre original "The age of innocence"
année de production 1993
réalisation Martin Scorsese
scénario Martin Scorsese, d'après le roman d'Edith Wharton (1920)
photographie Michael Ballhaus
musique Elmer Bernstein
montage Thelma Schoonmaker
costumes Gabriella Pescucci
production Barbara De Fina
interprétation Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder, Geraldine Chaplin
récompense Oscar de la meilleure création de costumes

Le générique de Saul Bass : cliquer ici.

Le logo Columbia détourné : cliquer ici.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

À première vue, il peut paraître étonnant que Martin Scorsese, le spécialiste du film policier social se déroulant dans le milieu très particulier de la "Petite Italie" d'Amérique, s'aventure sur un terrain qui lui est étranger, où un James Ivory brille tout particulièrement.

Ce brusque virage ne doit pas être considéré comme un simple exercice de style visant à rivaliser avec le subtil "calligraphisme" de James Ivory. Il faut plutôt chercher du côté des films de Luchino Visconti fort admirés par le réalisateur italo-américain : "Senso" et "Le Guépard".

En choisissant la peinture d'un univers suranné, Scorsese n'a pas renoncé pour autant aux thèmes qui lui sont chers et qui jalonnent son œuvre. Ces thèmes sont, selon ses propres termes, "la culpabilité, le désir, l'obsession... et l'impossibilité de satisfaire cette obsession". Le héros de son film doit choisir entre May (Winona Ryder), "symbole du monde qu'il connaît", et Ellen (Michelle Pfeiffer) "qui représente le monde dont il rêve"...

"Le temps de l'innocence", par la perfection apportée à la mise en scène, l'exacte reconstitution d'une époque avec ses bals, ses réceptions, ses coteries, témoigne d'un véritable travail d'antiquaire et de chroniqueur au service d'une époque révolue où se meuvent des gens élégants mais terriblement étriqués et conventionnels, manquant à la fois de mordant et d'idéal.

L'inconvénient du film est que ces personnages ne nous intéressent guère à l'exception de la séduisante comtesse Olenska, si peu faite pour vivre en leur compagnie et qui a raison de retourner en Europe.

Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Pour son premier film "historique" (si l'on excepte "La dernière tentation du Christ"), Martin Scorsese adapte un roman d'Edith Wharton à peu près dépourvu d'action qui dissèque les rites et comportements de la haute société new-yorkaise (société furieusement victorienne) dans les années 1870.

Il semble fasciné par l'aspect extérieur de ce monde opulent et oppressant dont les décors, costumes et accessoires, examinés avec une attention maniaque, deviennent symboliques de l'emprisonnement des personnages dans les conventions, de leur incapacité à communiquer, à exprimer des sentiments.

On est loin, certes, de la frénésie survoltée des "Affranchis", mais très loin également de l'académisme des reconstitutions d'époque à la Merchant-Ivory. La tension scorsesienne est ici entièrement intériorisée ; elle n'en est pas moins sensible pour cela.

Le temps de l'innocence - photo 2
Le temps de l'innocence - photo 1
Le temps de l'innocence - photo 3 Le temps de l'innocence - photo 4
Le temps de l'innocence - photo 13 Le temps de l'innocence - photo 14
Le temps de l'innocence - photo 11 Le temps de l'innocence - photo 12
Le temps de l'innocence - photo 15 Le temps de l'innocence - photo 16
Daniel Day-Lewis et Martin Scorsese sur le tournage du film
Martin Scorsese et Michelle Pfeiffer sur le tournage du film