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"Le pays de la violence"

titre original "I walk the line" *
année de production 1970
réalisation John Frankenheimer
scénario Alvin Sargent
photographie David M. Walsh
musique Johnny Cash
interprétation Gregory Peck, Estelle Parsons, Tuesday Weld, Ralph Meeker, Charles Durning

* nom d'une chanson de Johnny Cash

La critique de Sébastien Miguel

En quelques plans, en quelques notes de Johnny Cash, John Frankenheimer parvient à propulser le spectateur dans une bourgade du Missouri désespérante d’ennui et de pauvreté. Quelques secondes encore pour poser le portrait du ‘héros’, le shérif Henry Tawes, homme vieillissant et englué dans une morne existence. Ouverture magistrale.

Production audacieuse d’Edward Lewis ("Spartacus", "Seuls sont les indomptés"), le film stupéfait aujourd’hui par son incroyable description d’une Amérique profonde en pleine putréfaction. L’utilisation éblouissante du 2.35, la saisissante utilisation de décors naturels et des habitants de Gainesboro, la photo de David Walsh, le réalisme n’excluant pas le lyrisme entretenu par les chansons de Johnny Cash.

Objet de désir et ange démoniaque, Tuesday Weld est une inoubliable héroïne des années 70. Estelle Parsons est excellente en épouse étouffante et Charles Durning, visqueux à souhait. La démarche lourde, le regard mort, Gregory Peck, dans un contre-emploi étonnant, est absolument remarquable. On n’oubliera pas non plus l’impressionnante création de Ralph Meeker : héroïque chez Kubrick (Caporal Paris dans "Les sentiers de la gloire"), fasciste chez Aldrich (Mike Hammer dans "En quatrième vitesse"), il est inoubliable de bestialité rance et de violence contenue.

Derrière le titre français archi-nul, "I walk the line" reste l’un des meilleurs films de son auteur et un chef-d’œuvre ‘alternatif’ du Nouvel Hollywood.

Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Après "Les parachutistes arrivent" (1969), un autre film sur l'Amérique profonde par John Frankenheimer. Une œuvre en creux construite sur le doute, l'échec, l'incompréhension, à l'encontre des règles de la dramaturgie hollywoodienne. Très belle photo de David Walsh. Un lyrisme doux-amer rythmé par les chansons de Johnny Cash.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Honnête mélodrame à la morale ambiguë. Bonnes scènes d'action.

Track listing

• "Flesh and Blood"
• "I Walk the Line" (full version)
• "Hungry"
• "This Town"
• "This Side of the Law"
• "Flesh and Blood" (version instrumentale)
• "'Cause I Love You"
• "'Cause I Love You" (version instrumentale)
• "The World's Gonna Fall on You"
• "Face of Despair"

Gregory Peck et John Frankenheimer sur le tournage du film