titre original | "Sergeant York" |
année de production | 1941 |
réalisation | Howard Hawks |
scénario | Abem Finkel, Harry Chandlee, Howard Koch, et John Huston, d'après le journal intime d'Alvin C. York |
montage | William Holmes |
photographie | Sol Polito |
musique | Max Steiner |
production | Howard Hawks (non crédité), Jesse L. Lasky et Hal B. Wallis |
interprétation | Gary Cooper, Walter Brennan, Joan Leslie, George Tobias, Stanley Ridges, Margaret Wycherly, Ward Bond |
récompenses | • Oscar du meilleur acteur pour Gary Cooper |
• Oscar du meilleur montage |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
On a beaucoup insisté sur le revirement de Hawks, d'abord non interventionniste, puis patriote cocardier. On se plaît aussi à souligner que York, qui a vraiment existé, devint une épave après la démobilisation. Tout cela ne nous concerne heureusement plus. Il reste un film longuet dans sa première partie, et admirable de concision dans la description des combats et de la vie militaire. Mais peut-être que "Sergent York" « est moins une œuvre sur une double prise de conscience (religieuse, puis patriotique) qu'une désignation cynique de la colonisation d'un individu par les tables de Dieu et celles de la Nation » (Noël Simsolo).
Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon
Un héros de la Première Guerre mondiale glorifié par Howard Hawks. Guerrier récalcitrant, Gary Cooper capture tout de même une compagnie entière à lui tout seul. Un de ses rôles majeurs.
Références dans le cinéma américain
• Références au film de Howard Hawks dans "La Chose d'un autre monde", également réalisé par Hawks (lorqu'on lui demande s'il peut être précis avec une arme, un des personnages répond « I saw Gary Cooper in Sergeant York »), "Un été 42" (l'affiche dans un cinéma), "Dark Star : L'Étoile noire" (Boiler, le personnage interprété par Cal Cuniholm, mouille le viseur de son pistolet tout comme le Sergent York mouille le viseur de son fusil).
• Références au Sergent York d'une manière générale dans "MacArthur, le général rebelle" (un soldat mentionne son nom), "Guerre et Passion" (le personnage interprété par Richard Masur s'exclame « We've got Sergeant York on the plane! ») et "Inglourious Basterds" (le personnage interprété par Daniel Brühl dit qu'il est surnommé le "Sergeant York" allemand et que ses faits de guerre ont également été racontés dans un film le représentant comme un héros).
Référence dans la littérature française
Le film est cité par Martin Winckler dans son recueil de récits autobiographiques "Légendes" (2002) :
« À la salle paroissiale, j'ai vu aussi Sergent York, un film de Howard Hawks qui a longtemps eu à mes yeux une importance toute particulière. C'est l'histoire d'un paysan modeste mais néanmoins excellent tireur qui, en 1916, s'engage dans l'armée américaine, part pour la France, y devient un héros et rentre au pays épouser sa bien-aimée. De plus, comme l'indique le générique, c'est une histoire vraie. La première fois que je vois le film, l'histoire me paraît vraie ; elle me touche, en tout cas, et (aujourd'hui, je sais pourquoi) elle me fait du bien. Bien sûr, c'est un film de propagande, mais quand on le regarde aujourd'hui, cet aspect-là tombe à plat. Il reste Gary Cooper, en hillbilly (plouc du Tennessee) mutique et cocasse, attaché à sa vieille mère et à sa sweetheart, qui fait lever la tête des soldats allemands hors de leur tranchée en gloussant comme un dindon.
Bien des années plus tard, pendant que je ferai mes études de médecine, la vision de Johnny s'en va-t-en guerre, de Dalton Trumbo, me permettra de poser un autre regard sur le film de Hawks. »
