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"Que la chasse commence"

Que la chasse commence - affiche

titre original "Surviving the Game"
année de production 1994
réalisation Ernest R. Dickerson
scénario Eric Bernt
photographie Bojan Bazelli
musique Stewart Copeland
production David Permut
interprétation Ice-T, Rutger Hauer, Charles S. Dutton, Gary Busey, F. Murray Abraham, Jeff Corey

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Ernest R. Dickerson est un réalisateur quasiment inconnu sous nos latitudes et guère plus en Amérique, où il a très rapidement été obligé de poursuivre sa carrière en se consacrant à la réalisation d’épisodes de séries télévisées. Il a malgré tout eu le temps de réaliser, avec son deuxième long métrage, "Que la chasse commence", un sympathique survival qui s’inspire des fameuses "Chasses du comte Zaroff" réalisé en 1932 par Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel.

Cette modeste production émanant de New Line Cinema (spécialisée dans le film de genre) permet à des acteurs connus, mais n’ayant pas réussi à confirmer des débuts très prometteurs, de rester actifs en attendant l’éventuel film qui les propulsera à nouveau dans la lumière. Ainsi F. Murray Abraham, oscarisé en 1985 pour son rôle d’Antonio Salieri dans "Amadeus", dont la carrière n’a jamais vraiment décollé par la suite, voyant l’acteur cantonné dans les rôles de traîtres ou de conspirateurs. Même démarche pour le talentueux Rutger Hauer, acteur fétiche de Paul Verhoeven quand ce dernier exerçait son art aux Pays-Bas qui, après avoir tenu le rôle très remarqué de réplicant dans "Blade Runner" (1982), puis avoir enchaîné les prestations marquantes, est depuis la fin des eighties un peu en perte de vitesse. Idem pour Gary Busey, qui a toujours été distribué dans des seconds rôles.

Ce casting, somme toute impressionnant, est complété par le rappeur Ice-T qui joue ici le rôle de la chèvre de Monsieur Seguin, clochard miséreux de la ville de Seattle qui se trouve embauché par un bon samaritain « marron » (Charles S. Dutton), en réalité rabatteur pour de riches notables dégénérés qui ne trouvent rien de plus amusant que de chasser l’homme dans les montagnes de l’Oregon.

Si le propos reste effrayant et sans ménagement pour les classes supérieures, le ton que lui donne Dickerson fait que le spectateur peut se divertir sans trop de culpabilité, ayant rapidement compris comment l’affaire allait se terminer. Rambo n’a qu’à bien se tenir, Ice-T est arrivé ! L’humour ravageur de Rutger Hauer en grand orchestrateur de ces chasses privées très spéciales fait le reste.

En somme, une très bonne petite série B qui ne se prend pas au sérieux, où Jeff Corey, ancien second rôle dans les westerns des années 1940 à 1970 ("Little Big Man" d’Arthur Penn en 1970), tient l’un de ses derniers rôles.

On appréciera en sus la musique de Stewart Copeland, le batteur du groupe Police.

À voir.

De la photographie à la réalisation

Ernest R. Dickerson a entamé sa carrière de metteur en scène en 1992 après une décennie consacrée au métier de chef-opérateur, notamment sur les premiers films de Spike Lee ("Nola Darling n'en fait qu'à sa tête", "School Daze", "Do the Right Thing", "Mo' Better Blues", "Jungle Fever", "Malcolm X").