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"Le Bagarreur"

Une bonne évocation de la dépression des années 30

titre original "Hard times" aka "The Streetfighter"
année de production 1975
réalisation Walter Hill
scénario Walter Hill
photographie Philip H. Lathrop
musique Barry De Vorzon
interprétation Charles Bronson, James Coburn, Jill Ireland

Bronson : le plus émouvant des tough guys (la critique de Pierre)

C'est en 1975 que le scénariste Walter Hill, disciple de Peckinpah, réalise son premier film, "Le Bagarreur", avec deux stars du film couillu, Charles Bronson et James Coburn.

Le pitch : en 1933, à la Nouvelle-Orléans, Speed (Coburn), un escroc qui organise des combats de rue, met la main sur le mystérieux Chaney (Bronson), un cogneur hors pair. Ils décident de s'associer...

Contrairement aux apparences, "Le Bagarreur" n'est pas un film d'action. Tout est dans le titre original ("Hard times") : c'est une chronique désenchantée sur une période difficile pour les petites gens, une époque où nombreux étaient les sans le sou qui vivaient dans des conditions misérables. Il y a bien quelques combats, mais là n'est pas l'essentiel. Tout est dans le sourire fatigué de Bronson (excellent dans un rôle fait pour lui) et dans sa tentative d'amourette avec Jill Ireland (sa femme à la ville, qu'il s'arrangeait pour caser dans tous ses films).

Passé la surprise, "Le Bagarreur" se révèle être un excellent film des années 70, avec une discrète mais très belle musique country.

Un film injustement oublié.

La critique de Sébastien Miguel

Relecture d’une époque tragique (la Grande Dépression) à travers les yeux d’un jeune cinéaste.

Hill parvient à rendre hommage à un cinéma disparu (les films en CinemaScope des années 50) et modernise son approche par une description sans fard de la misère et de la violence humaine (la chambre poisseuse de Bronson, les arrières salles sinistres, les combats d’un grand réalisme…).

La reconstitution historique est minutieuse, sans emphase et parfaitement crédible. L’utilisation du 2.35, d’une grande élégance, n’a que peu d’équivalent dans le cinéma américain des années 70. Admirable photo du légendaire Philip Lathrop.

La musique épurée de Barry De Vorzon sert idéalement le propos de Hill et fait de ce véhicule à star une œuvre désenchantée, nostalgique et presque contemplative.

Bronson, le visage marqué et le regard plein de tristesse, arrive de nulle part et finit par disparaître dans les ténèbres. Sans passé, sans avenir. Une pure figure mythologique. Plein d’arrogance et de panache, James Coburn est, comme toujours, splendide.

Un premier film stupéfiant. Le chef-d’œuvre de Walter Hill.