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"True Grit"

True Grit - affiche

titre original "True Grit"
année de production 2010
réalisation Joel Coen et Ethan Coen
scénario Joel Coen et Ethan Coen, d'après le roman de Charles Portis
photographie Roger Deakins
musique Carter Burwell
interprétation Jeff Bridges, Hailee Steinfeld, Matt Damon, Josh Brolin, Barry Pepper
   
version précédente "100 dollars pour un shérif" ("True Grit"), Henry Hathaway, 1969, États-Unis

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Les frères Coen font de nouveau appel au "Dude" alias Jeff Bridges pour un road movie dans l’Ouest profond en lieu et place du légendaire John Wayne dont on sait ce qu’il représente dans l’imaginaire américain. Ce qui distingue les deux frères depuis leur avènement au monde cinématographique en 1984 sous la forme d’un choc avec "Sang pour sang", qui revisitait d’une manière décomplexée le film noir, c’est leur capacité à l'iconoclaste, détournant le film de genre pour livrer sur une quinzaine de métrages leur vision de la société américaine.

Le film reste très fidèle à l'original d'Henry Hathaway qui date de 1969 à une époque où le western américain était devenu un genre mineur quasiment en voie d'extinction, supplanté par l’accommodement à la sauce spaghetti venu d'Italie. La principale nuance se trouve donc dans l'interprétation par Jeff Bridges de Rooster Cogburn. Il est clair que Bridges n'a pas d'emblée l'aura que Wayne avait acquise sur le genre après une carrière presque exclusivement passée à cheval. Il lui a donc fallu chercher dans l'approche psychologique la singularité de son interprétation.

Son Rooster Cogburn paraît bien plus au bout du rouleau que celui de Wayne, et ses états d'âme sont davantage exposés. L'éternelle errance des héros de l'Ouest, qui a tant fait rêvé les gamins dont je fus, est largement mise à mal par la souffrance de la solitude qui amène un homme à finir sa vie seul comme un chien. La relation avec la jeune fille, qui devient très protectrice à mesure du voyage, est la résultante du manque affectif chez Cogburn. La morsure du serpent obligeant le vieux marshall au sacrifice de sa vie pour sauver un plus faible, offre à Cogburn l'occasion de clore son existence en lui donnant un sens par le rachat, en une fois, de toutes les morts provoquées par son dur métier.

Les frères Coen, hormis quelques blagues bien senties, n'ont pas déstructuré le genre et au contraire sont restés très fidèles à ses valeurs, dont une des principales est la rédemption. Gamins dans les années 60 et abreuvés des westerns avec Wayne, Cooper, Mitchum, Gable et autres, ils n'ont certainement pas eu le cœur d'abîmer leurs rêves encore présents au fond de leur âme. C'est une première chez eux dont on ne se plaindra pas.

À noter enfin la présence caméléon de Matt Damon qui, de films en films depuis "The Informant !" de Soderbergh, démontre sa capacité, grâce au maquillage, à disparaître derrière ses rôles.

True Grit - photo de tournage
Jeff Bridges sur le tournage de "True Grit" © Jeff Bridges (selfie)
Affiche alternative de "True Grit" © Tony Stella
Couverture de mars 2011 de la revue Positif

True Grit - affiche

True Grit - générique