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"Le Malin"

« Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et ne remarques-tu la poutre qui est dans ton œil ? » Évangile selon Matthieu, chapitre 7, verset 3

Le Malin - affiche

titre original "Wise Blood"
année de production 1979
réalisation John Huston
scénario Benedict Fitzgerald et Michael Fitzgerald, d'après le roman éponyme de Flannery O'Connor (1952)
photographie Gerry Fisher
musique Alex North
interprétation Brad Dourif, John Huston, Harry Dean Stanton, Ned Beatty, William Finley (non crédité)

Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Nouveau coup d'éclat de John Huston qui adapte audacieusement un étonnant roman de Flannery O'Connor. Une satire aiguë et compatissante de certaines déviations religieuses, dont la liberté de ton et la jeunesse d'esprit évoquent les derniers Buñuel. Une fin terrible, sans aucun compromis. La distribution est aussi inspirée que celle du "Faucon maltais".

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Un film extraordinaire sur les sectes américaines et la prédication ambulante, superbement interprété et magistralement mis en scène. « Un film de jeune homme », a-t-on dit, lors de sa sortie, de cette œuvre profondément originale. Huston avait alors soixante-treize ans.

La presse de l'époque

Extraits de la critique de Michael Henry publiée dans le no 220-221 de la revue Positif (juillet 1979)

(...)
Après l'homme qui voulut être roi, l'homme qui voulut être Dieu. Faulkner et ses épigones nous l'ont appris : c'est dans le "Deep South" qu'a trouvé refuge cette race de possédés.
(...)
Univers extraordinairement particulier où le cinéaste nous plonge tout de go, sans plus de ménagement que la romancière, et en alliant comme elle le réalisme le plus minutieux au romanesque le plus débridé.
(...)
Point de contrepoids, point d'échappatoire : autour de notre illuminé, s'agite une faune misérable, infantile, perverse, affligée de toutes les disgrâces, comme installée dans la damnation, et qui se trouve immortalisée en des eaux fortes plus sombres encore que celle de "Fat City".
(...)
On ne saurait concevoir anatomie plus rigoureuse d'une vocation mystique, radiographie plus féroce de la tentation suprême - celle de la sainteté. Ni mépris, ni vaine goguenardise dans le regard de Huston : tel est l'homme, l'homme de désir qu'a façonné la tradition judéo-chrétienne. Fou, ce Hazel que son dessein inouï consume littéralement ? Mais sa folie est partagée par tout ce qu'il côtoie.
(...)
La folie de la possession est partout. Comme le mal dont O'Connor nous rappelle, dans une nouvelle posthume, qu'il "vient de plus loin". Ce mal originel que le cinéaste incarne en personne dans les "flash-backs" subliminaux prêtés au héros.
On s'interrogera longtemps sur cette œuvre fulgurante, mais on peut déjà avancer, sans crainte d'être contredit, que dans la riche nébuleuse hustonienne - quelque part entre Freud et "A Walk with Love and Death" - les rayons de cet astre noir sont appelés à briller d'un éclat aussi durable que singulier.

John Huston et Alex North

"Le Malin" est le deuxième des cinq collaborations entre le réalisateur et le compositeur de musique de film. Elle suit "Les Désaxés" (1961) et précède "Au-dessous du volcan" (1984), "L'Honneur des Prizzi" (1985) et "Les Gens de Dublin" (1987), le dernier film de Huston.

Affiche alternative du "Malin" © Tony Stella
DVD The Criterion Collection du "Malin"
Affiche française du "Malin" © René Ferracci

Le Malin - générique