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"Le Géant de fer"

Le géant de fer - affiche

titre original "The Iron Giant"
année de production 1999
réalisation Brad Bird
musique Michael Kamen
voix Vin Diesel, Harry Connick Jr., Jennifer Aniston, Cloris Leachman, John Mahoney, M. Emmet Walsh

La critique de Sébastien Miguel pour Plans Américains

Échec commercial en son temps qui ruina (avec "Osmosis Jones" et "Les Looney Tunes passent à l'action") le département animation de la Warner.

Déjà étrangement suranné au moment de sa sortie (l’évocation satirique de la guerre froide, les compositions héritées des films en cinémascope des années 50), "Le Géant de fer" avait de quoi dérouter. Surtout si l’on pense à l’année 1999 comme celle du triomphe de "Matrix" !

Le premier film de Brad Bird s’est pourtant imposé comme un authentique classique.

L’intelligence du scénario, le message antimilitariste, la perfection de l’animation, les couleurs automnales flamboyantes, l’expressivité du monstre, la justesse des personnages : tout concourt à faire de cette œuvre une admirable réussite.

Si l’intrigue ne cache pas ses emprunts à "E.T." ou "King Kong", le film distille, avec finesse, une mélancolie et une amertume troublantes, Brad Bird revenant avec intelligence aux créations de Max Fleischer (plusieurs fois évoqué dans le film).

Le happy end final ne parvient pas à faire oublier la noirceur qui se dégage de certaines séquences (l’accident de train, la blessure de l’enfant et le final terrifiant où le gentil monstre se transforme en machine à tuer). Elles font certainement le prix de ce ‘dessin animé’ remarquable.

Un très grand film.

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Aujourd’hui, Brad Bird est, aux côtés de John Lasseter (directeur créatif jusqu’en 2016) et Andrew Stanton, l’un des réalisateurs vedettes des studios Pixar. Suivant dès son plus jeune âge un parcours relativement classique, qui le verra passer chez Walt Disney où il collabore à l’animation de "Rox et Rouky" avant d’être licencié pour avoir trop affirmé ses points de vue artistiques, Brad Bird est recruté par la Warner pour le projet d’adaptation de "L’Homme de fer" de l’écrivain britannique Ted Hughes, qui décède juste après la sortie du film.

Brad Bird, qui œuvre au scénario, propose une adaptation plus sérieuse au studio, qui envisageait initialement une comédie musicale avec Pete Towhnshend (producteur associé sur le film) des Who au générique. C’est donc dans le contexte de la Guerre Froide que l’intrigue est replacée. Au sein d'une petite bourgade du Maine, le jeune Hogarth vit seul avec sa mère. Passant le plus clair de son temps devant le poste de télévision, il constate un soir que l’image du poste se brouille. Montant sur le toit de la maison, il découvre que l’antenne a été arrachée. Curieux, il décide de remonter la piste du coupable. S’enfonçant dans la forêt, il tombe sur un énorme robot prêt à dévorer une centrale électrique. Mais le robot est pris dans les câbles, recevant décharge sur décharge. Hogarth actionne l’interrupteur et sauve le robot, qui devient son ami.

Le petit garçon va devoir agir pour le protéger des humains, et notamment des autorités qui, prises d’une paranoïa anticommuniste, veulent éliminer ce qu’elles croient être une arme de guerre. Hogarth sera aidé par le gérant d’une ferraille, où le robot trouvera refuge et de quoi se nourrir.

Brad Bird, par une animation appropriée, se glisse avec dextérité et transporte le spectateur avec lui dans l’ambiance des films de science-fiction des années 1950, qui ont retrouvé aujourd’hui une aura teintée de nostalgie. Rien ne manque des stéréotypes de l’époque, notamment les militaires prêts à sortir l’artillerie lourde, tout comme l’agent envoyé en éclaireur, borné et imbu de lui-même au possible. Les personnages fort bien dessinés (au réel comme au figuré) contribuent à entretenir un suspense teinté d’humour, mais aussi de poésie. L’ensemble se révèle une charge contre la violence de nos sociétés, et notamment de l’Amérique, où la possession d’armes est comme une seconde nature pour de nombreux citoyens. Brad Brid en sait quelque chose qui, une dizaine d’années auparavant, avait vu sa sœur Susan tuée par son mari.

Ce premier essai plus que prometteur n’a pas rencontré son public, mais a tout de même ouvert les portes des studios Pixar à Brad Bird qui, cinq ans plus tard, connaîtra la consécration avec "Les Indestructibles", qui fera un carton au box-office. On pouvait s’y attendre.

Le géant de fer - ET

Le géant de fer - générique