Menu Fermer

"Rocky II"

La revanche

titre original "Rocky II"
année de production 1979
réalisation Sylvester Stallone
scénario Sylvester Stallone
photographie Bill Butler
musique Bill Conti
production Irwin Winkler et Robert Chartoff
interprétation Sylvester Stallone, Talia Shire, Burgess Meredith, Carl Weathers, Burt Young, Joe Spinell
   
épisode précédent "Rocky", John G. Avildsen, 1976
 
épisodes suivants • "Rocky III, l'œil du tigre", Sylvester Stallone, 1982
• "Rocky IV", Sylvester Stallone, 1985
• "Rocky V", John G. Avildsen, 1990
• "Rocky Balboa", Sylvester Stallone, 2006

La critique de Didier Koch

Après la déferlante du premier "Rocky" qui l'a brutalement propulsé star à l'image du héros du film, Sylvester Stallone enchaine avec  "F.I.S.T." de Norman Jewison, dont le thème central est la corruption qui mine les syndicats américains. Stallone, qui a écrit le scénario avec Joe Eszterhas, fait une nouvelle fois mouche, le film étant un solide succès. Il en profite pour mettre en scène lui-même "La taverne de l'enfer", tiré du premier scénario qu'il avait proposé à Irwin Winkler et Robert Chartoff, les producteurs de "Rocky". Le film ne séduit pas le public et se solde par un échec. Il est temps de donner une suite à "Rocky".

Le scénario concocté par Stallone n'emballe pas John G. Avildsen, qui se désiste. De son côté, Stallone, échaudé, hésite à repasser derrière la caméra. Il se laisse malgré tout convaincre et s'embarque dans ce nouveau projet où il portera trois casquettes. Suite pure et simple du destin hors norme de l'enfant de Philadelphie, ce deuxième épisode n'est en vérité qu'une variation autour des thèmes développés dans le premier opus.

Le jeune homme sans éducation parvenu à tutoyer les sommets du noble art le temps d'un match contre Apollo Creed (Carl Weathers), le champion du monde des lourds en titre, n'aspire désormais qu'à retrouver l'anonymat, conscient qu'il lui sera difficile d'apprivoiser les codes de la célébrité. Il est encouragé dans cette décision par Adrian (Talia Shire), la timide vendeuse qu'il a eu tant de mal à séduire et qui est désormais sa femme. Mais le champion humilié n'a pas digéré le match nul qui a nui à sa réputation, et réclame à cor et à cri un match revanche pour mettre définitivement les choses au point. Pour ce faire, il est prêt à toutes les manœuvres face à un Rocky Balboa en perte de repères.

Le scénario peu imaginatif joue à fond sur les ficelles qui avaient tant séduit dans "Rocky", mais qui, cette fois, apparaissent un peu grosses. Sylvester Stallone, qui n'a pas le savoir faire de John G. Avildsen, calque naturellement  sa direction d'acteurs sur les retournements téléphonés qu'il a lui-même imaginés. Tout parait dès lors un peu surjoué, avec un premier prix de cabotinage pour le vétéran Burgess Meredith, qui grimace à s'en décrocher la mâchoire. Dans la lignée, la montée des marches du Philadelphia Museum of Art devenue comme un rituel, rythmée par la musique de Bill Conti, frise cette fois le ridicule.

Heureusement, le combat final, formidablement filmé et encore plus convaincant que le premier, sauve l'entreprise, ouvrant bien sûr la porte à "L'œil du Tigre" qui ne tardera pas à suivre. Les spectateurs tombés amoureux du boxeur dyslexique ne l'abandonneront pas malgré les carences évidentes de ce deuxième épisode auquel ils feront un triomphe.

Quarante ans plus tard, Rocky Balboa est encore fidèle au poste. Les légendes ne meurent jamais.