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"Midnight Express"

titre original "Midnight Express"
année de production 1978
réalisation Alan Parker
scénario Oliver Stone
musique Giorgio Moroder
interprétation Brad Davis, Randy Quaid, John Hurt, Irene Miracle
récompenses • Oscar du meilleur scénario adapté
• Oscar de la meilleure musique originale

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Fondé sur un fait authentique, un film d'une dureté exceptionnelle, qui donne des prisons turques une image effroyable. L'œuvre atteint parfois un degré de cruauté insupportable, mais le message, même banal, est beau : "l'important est de ne jamais désespérer."

La critique de Didier Koch

Alan Parker fait partie de cette vague de réalisateurs anglais venus de la publicité, puis du vidéo-clip, qui ont, à l'aube des années 1980, révolutionné l'approche esthétique du cinéma d'action à Hollywood. Le plus célèbre d'entre eux reste bien sûr Ridley Scott, mais à ses côtés, son frère Tony, Hugh Hudson ou Adrian Lyne se sont tous fait une place dans la Mecque du cinéma avec des blockbusters restés dans les mémoires comme "Alien", "Blade runner", "Thelma & Louise", "Top Gun", "Jours de tonnerre", "Les chariots de feu", "Liaison fatale" ou "9 semaines 1/2".

Alan Parker, tout d'abord remarqué avec l'ingénieux "Bugsy Malone" en 1976, parodie enfantine des films de gangsters, est entré dans la danse avec "Midnight Express", qui fut un véritable choc, notamment au festival de Cannes en 1978 à cause de la polémique qu'il souleva à propos de la description qu'il proposait de l'univers carcéral turc.

Tiré d'un fait divers réel (William Hayes a écrit un livre tiré de son expérience), le film nait dans l'esprit du producteur Alan Marshall déjà à la manœuvre sur "Bugsy Malone". Il est savamment scénarisé par le tout jeune Oliver Stone pour scotcher le spectateur à son siège, comme le confirmera la suite de sa carrière de réalisateur qui l'amènera à rechercher l'émotion forte, quitte quelquefois à abuser un peu de l'épate au détriment de la vraisemblance du propos. Le scénario répond tellement aux exigences du couple de producteurs avisé formé par Alan Marshall et David Puttman qu'Alan Parker n'aura qu'à se soucier de la mise en image sans avoir à remanier le travail de Stone.

Le casting prévoyait Richard Gere comme vedette, mais les tergiversations de l'acteur tatillon l'évinceront du projet au profit de Dennis Quaid et Brad Davis, seuls rescapés sur la short-list. Brad Davis, à la vulnérabilité plus évidente, sera finalement choisi. Rythmé par la musique hypnotique du pape du disco Giorgio Moroder, les images sont d'une efficacité redoutable pour aboutir au final à un film de prison qui occupe une place à part dans ce sous-genre assez restreint. Rien n'est laissé au hasard des étapes et rebondissements inhérents au genre (rébellion, adaptation, tentatives d'évasion avortées...) en passant par les personnages fortement typés (gardiens sadiques, solidarité et trahison entre prisonniers).

Près de quarante ans après sa sortie, "Midnight Express", s'il reste très efficace, a un peu perdu de son aspect novateur, rentrant de ce fait un peu dans le rang et laissant le haut du pavé à des films moins spectaculaires mais plus psychologiques comme "Le prisonnier d'Alcatraz" de John Frankenheimer (1962), "L'évadé d'Alcatraz" de Don Siegel (1979), sans parler des chefs-d'œuvre français que sont "Un condamné à mort s'est échappé" de Robert Bresson (1956) ou "Le Trou" de Jacques Becker (1960).