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"Mad Dog and Glory"

titre original "Mad Dog and Glory"
année de production 1993
réalisation John McNaughton
scénario Richard Price
photographie Robby Müller
musique Elmer Bernstein
interprétation Robert De Niro, Uma Thurman, Bill Murray, David Caruso, Kathy Baker

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Comme "Pretty Woman", une charmante comédie superbement enlevée par un De Niro en grande forme.

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Mad Dog and Glory" de John McNaughton, sorti sur les écrans en 1993, occupe, avec quelques films comme "Jacknife" (David Hugh Jones, 1989), "Stanley et Iris" (Martin Ritt, 1990) ou encore "L'Éveil" (Penny Marshall, 1990), une place à part dans la filmographie du Robert De Niro des grandes années (1973 à 1997), quand il était encore un acteur pleinement engagé dans son art. Avec des metteurs en scène sur leur fin de carrière ou au contraire en devenir, il s'affronte à des rôles hors de son champ d'action habituel, donnant à voir une sensibilité et une fragilité qu'il a moins travaillées chez Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Bernardo Bertolucci ou Michael Cimino.

Le projet est bâti autour d'un scénario de Richard Price, que De Niro connait bien pour avoir travaillé avec lui juste auparavant sur "La loi de la nuit" d'Irwin Winkler (1992). Il s'inscrit dans l'univers policier, dont les codes seront détournés pour approfondir une relation très spéciale entre un flic timoré chargé d'effectuer les photographies sur les scènes de crimes et un mafieux iconoclaste, comique de stand-up à ses heures dans son propre cabaret, interprété par le grand Bill Murray, encore catalogué comme un simple acteur de comédie et dont le génie d'acteur qui pointe dans ce film sera reconnu après sa rencontre avec Wes Anderson sur "Rushmore" (1998).

Au milieu de ce duo qui joue à cache-cache tout au long du film, s'intercale la toute jeune et ravissante Uma Thurman, devenue l'enjeu d'une rivalité virile dont John McNaughton tire le meilleur parti pour alterner scènes à forte intensité dramatique, comique ou sentimentale.

John McNaugthon est apparu dans la lumière sept ans plus tôt avec le très radical "Henry, portrait d'un serial killer", devenu très rapidement culte comme donnant, avec "L'étrangleur de Boston" de Richard Fleischer (1968), la vision la plus réaliste de la psyché tourmentée d'un tueur en série. Il montre ici, avec nuances et originalité, que presque jamais personne ne correspond réellement aux clichés liés à son statut, sa profession ou aux apparences. New York remarquablement filmée par le chef-opérateur néerlandais Robby Müller, renforce l'impression d'entre deux mondes voulue par McNaughton.

On remarquera aussi la prestation très tonique de David Caruso, dont on aurait pu espérer qu'il mène une plus grande carrière sur grand écran. Idem pour John McNaughton, dont le parcours à Hollywood s'étiolera assez vite  sans raison apparente.

Un film rempli de sensibilité que les fans de De Niro se doivent d'avoir vu.