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"L'Idéaliste"

titre original "The Rainmaker"
année de production 1997
réalisation Francis Ford Coppola
scénario Francis Ford Coppola, d'après le roman éponyme de John Grisham
photographie John Toll
production American Zoetrope
interprétation Matt Damon, Danny DeVito, Jon Voight, Mickey Rourke, Claire Danes,
Danny Glover, Roy Scheider

La critique de Pierre

Un chef-d'œuvre oublié ? Certes non. Mais un excellent film mésestimé, ça oui. Comme pour "Dracula", l'auteur, Coppola, s'efface pour se retrancher derrière l'adaptation d'un roman : "John Grisham's the Rainmaker" (c'est le titre original complet).

Première chose à dire : l'émotion de la première image du film, où l'on voit Mickey Rourke (version 1997) regarder un aquarium. Pour ceux qui connaissent "Rusty James", c'est forcément un clin d'œil émouvant.

Bref, à part ça, "L'Idéaliste" narre le premier procès d'un jeune avocat joué part Matt Damon. Le mec attaque une compagnie d'assurances, qui a refusé de prendre un charge un jeune malade, qui va mourir (de sa maladie).

Tout ça est surtout super bien joué : Matt Damon dans le rôle principal, DeVito dans un rôle hyper-classique d'assistant petit gros looser mais sympa (il fait ça très bien), Mickey Rourke en avocat marron, et SURTOUT Jon Voight en avocat de la compagnie d'assurances. J'ajoute de rapides mais excellentes apparitions de Roy Scheider et Danny Glover.

On regrette surtout une histoire d'amour neuneue avec Claire Danes, qui vire un peu zarrebi, on a l'impression que c'est un autre film dans le film, mais bon.

En tout cas, c'est un bon moment, un bon film, et je le recommande.

La critique de Didier Koch

"L’Idéaliste" est un des films de commande que Coppola fut contraint d’accepter après le semi-échec du "Parrain, 3ème partie". La Paramount lui propose donc en 1996 une adaptation d’un roman de John Grisham, auteur de best-sellers spécialisé dans les intrigues judiciaires. Coppola, qui n’aime rien tant que la démesure, est ici obligé d’adapter son talent à la mécanique très huilée des films de procès. Il y parvient sans peine grâce à une intrigue classique mais solide  basée sur les abus des trusts qui profitent avec le plus grand cynisme des plus pauvres.

On suit avec intérêt le parcours de Rudy Baylor (Matt Damon),  jeune avocat idéaliste, issu d’une famille modeste, obligé de commencer sa carrière dans un cabinet dont le patron dit « le Boxeur » (Mickey Rourke) use de méthodes peu orthodoxes pour recruter ses clients. Comme souvent dans ce type de film, le héros va se voir confronté à une situation a priori inextricable selon le bon vieux principe de la lutte inégale entre le pot de terre et le pot de fer, dont il sortira grandi après avoir défendu vaillamment la vierge et l’orphelin. De ce point de vue, Coppola respecte parfaitement le cahier des charges du genre, ajoutant même une idylle amoureuse pour le beau Matt Damon afin d’élargir encore un peu le potentiel de séduction de son film.

Nous ne sommes pas en présence d’un des chefs-d’œuvre de Coppola qui sans doute conscient qu’il n’était plus sur une voie très créative, attendra près de dix ans après "L’Idéaliste" pour se remettre derrière une caméra. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir avec ce film de procès sans doute improbable mais parfaitement mené, qui nous offre en sus de la présence toujours sympathique de Danny DeVito, un grand numéro de la part de Jon Voight en grand squale du barreau, harponné par le jeune impétrant, mu par sa foi encore innocente en la justice des hommes. Les Américains ont confiance en leur justice et Hollywood ne manque pas une occasion de le rappeler.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Coppola, loin d'"Apocalypse Now" et du "Parrain", louche vers Capra. Dans ce film plein de bons sentiments, seul DeVito, en ancien assureur qui ne parvient pas à passer le concours d'avocat mais connaît toutes les ficelles du métier, tire son épingle du jeu.