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"L'enfer du devoir"

titre original "Rules of engagement"
année de production 2000
réalisateur William Friedkin
photographie William A. Fraker
musique Mark Isham
interprétation Tommy Lee Jones, Samuel L. Jackson, Guy Pearce, Ben Kingsley, Bruce Greenwood, Anne Archer, Philip Baker Hall

La critique de Sébastien Miguel

"Les Bérets verts", "Nous étions soldats" et "L’enfer du devoir" : saint triptyque.

Après avoir mitraillé quelques vilains fachos qui avaient touché sa fille dans l’hilarant "Le droit de tuer ?" (l’un des pensums les plus débiles de l’histoire de Hollywood…), Samuel L. Jackson se lance avec conviction dans cette production de propagande justifiant tous les massacres et actes de barbarie commis en temps de guerre !!! C’est un peu comme si William Calley se voyait blanchi après le massacre de Mỹ Lai.

Il y a deux façons de voir cette horreur : être profondément choqué par le discours militariste et dangereux ou… rire de bon cœur ! Choisissons la seconde : Samuel qui fait du jogging en embarquant dans l’hélico, l’apparition d’un ‘Viêt’ sortant d’une fougère (on dirait un stockshot des "Bérets verts"), l’interprétation catastrophique de Guy Pearce, et ce moment insensé où, devant les accusations d’assassinats (au moins 83 civils tués), Jackson s’insurge : « Moi ? Accusé de meurtre ??? ». Hallucinant.

Le message de Friedkin est clair : les vilains ne sont pas les militaires maniaques tuant femmes et enfants, mais bien les horribles politicards qui, à force de manigances carriéristes et de lâcheté (inénarrable Bruce Greenwood), jettent l’opprobre sur la splendeur de l’armée américaine. C’est simplement abjecte, honteux. Depuis, le Comité Américano-Arabe contre la discrimination a décrit cet immondice comme « le plus raciste des films jamais faits contre les Arabes par Hollywood » (cf. article du Guardian du 11 août 2000 : cliquer ici). Affirmation en tous points exacte, évidemment.