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"L'Anti-gang"

titre original "Sharky's machine"
année de production 1981
réalisation Burt Reynolds
photographie William A. Fraker
interprétation Burt Reynolds, Vittorio Gassman, Charles Durning, Bernie Casey, Henry Silva, Rachel Ward

La critique de Didier Koch

Burt Reynolds n'a été le rival de Clint Eastwood que sur le continent américain, n'ayant jamais eu une réelle notoriété en Europe, hormis pour son rôle de dur à cuir dans le mythique "Délivrance" de John Boorman. Comme Eastwood, il est passé à la réalisation, mais là encore, sans le même retentissement.

Ce troisième long métrage n'a d'autre visée que de lui permettre d'évoluer dans un des rôles qui lui convient le mieux, celui du flic aux méthodes expéditives. La prise de risque est minimum, mais le film est tout de même de bonne facture, Reynolds ayant réussi à s'entourer de très solides acteurs de second rôle qu'il a déjà eu l'occasion de côtoyer comme Charles Durning, Brian Keith ou Henry Silva.

Le grand Vittorio Gassman, qui avait déjà effectué quelques piges à Hollywood au début de sa carrière dans les années 50, apporte la touche exotique à l'entreprise. La sublime Rachel Ward offre, quant à elle, la touche de charme qui permettra à Burt Reynolds de roucouler le temps d'une scène kitch à souhait où, ému comme un jeune jouvenceau, il se laissera aller à des confidences sur les hobbies de son enfance.

L'intrigue un peu confuse se déroulant sur fond de campagne électorale, sert surtout de prétexte à mettre en avant les rapports confraternels au sein de l'équipe de la mondaine où vient de débarquer Sharky après ses trop nombreux dérapages à la brigade des stupéfiants. De ce point de vue, l'œil de Reynolds se montre plutôt avisé. Le reste ne déroge guère aux règles du genre en vigueur à l'époque.

N'ayant visiblement pas envie de s'exprimer sur des sujets plus ambitieux, l'acteur laissera vite tomber la réalisation, préférant laisser à d'autres le soin de le filmer dans ses emplois de prédilection que sont le film policier musclé et les comédies mouvementées. Ne sachant pas se renouveler, la carrière de Reynolds s'enlisera tout doucement jusqu'à ce que Paul Thomas Anderson vienne lui offrir le rôle d'un réalisateur de films pornographiques excentrique dans "Boogie nights" (1997). Force est de constater que l'acteur aujourd'hui vieillissant et malade n'a pas su mettre à profit ce soudain regain de popularité.