Menu Fermer

"Hitcher" version 1986

« Riders on the storm »

titre original "The Hitcher"
année de production 1986
réalisation Robert Harmon
interprétation Rutger Hauer, C. Thomas Howell, Jennifer Jason Leigh
récompenses Grand prix du jury et Prix de la critique au festival du film policier de Cognac 1986
suite "Hitcher 2", Louis Morneau, 2003
remake "Hitcher", Dave Meyers, 2007

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

Échec aux Etats-Unis, "Hitcher" est devenu culte en Europe et principalement en France, où il attira plus de 700 000 spectateurs après avoir été récompensé en 1986 au festival du film policier de Cognac (festival disparu aujourd’hui).

Produit par HBO, le film réunit, sous la houlette de Robert Harmon, Rutger Hauer et Jennifer Jason Leigh, qui viennent tout juste de collaborer sous la direction de Paul Verhoeven dans "La Chair et le Sang".

Il est construit sur l’idée toute simple, mais proprement flippante, d’un jeune automobiliste chargé de convoyer une voiture jusqu’à Los Angeles, prenant en stop un mystérieux voyageur, qui s’avèrera être un véritable tueur psychopathe qui ne le quittera plus tout au long de cette traversée cauchemardesque du désert.

Le tueur en question, c’est Rutger Hauer, l’acteur hollandais fétiche de son compatriote Paul Verhoeven, qui est devenu célèbre à Hollywood depuis son rôle hallucinant de « réplicant » dans le fameux "Blade runner" de Ridley Scott en 1982. Désormais catalogué comme méchant idéal grâce à son regard bleu-acier et sa forte stature, il ne manque pas d’emploi. Après avoir pensé à Terence Stamp et Sam Elliott, la production se tourne tout naturellement vers lui.

Assez peu présent à l’écran selon le bon principe, popularisé par Jacques Tourneur et Alfred Hitchcock, qui veut que l’on ne craint rien tant que ce que l’on ne voit pas, Rutger Hauer illumine le film de son incroyable magnétisme qui terrorise tout autant qu’il séduit. C’est cette dualité étrange qui fascine le jeune convoyeur (C. Thomas Howell, dans le seul rôle important de sa carrière), alors que le croquemitaine parvient sans problème à lui coller ses crimes sur le dos.

Quoique fort improbable, le scénario d’Eric Red ("Aux frontières de l’aube" et "Blue steel" de Kathryn Bigelow) fonctionne grâce au phénomène d’identification qui ne manque pas de se produire avec le spectateur. Malin et fort bien filmé par John Seale (directeur de la photographie australien, fidèle collaborateur de Peter Weir, qui vient d’officier sur "Mad Max: fury road"), "Hitcher" fait encore son petit effet trente ans plus tard, même s’il paraît beaucoup plus inoffensif que lors de sa sortie en salles.


Cadillac Séville 1975