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"Frankenstein"

Adaptation baroque du mythe

titre original "Mary Shelley's Frankenstein"
année de production 1994
réalisation Kenneth Branagh
scénario d'après le roman de Mary Shelley
photographie Roger Pratt
musique Patrick Doyle
interprétation Kenneth Branagh, Helena Bonham Carter, Robert De Niro, Tom Hulce, Aidan Quinn,
Ian Holm, John Cleese
version précédente "Frankenstein", James Whale, 1931, États-Unis

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Pierre

Je n'avais pas revu ce film depuis des années, et il est en vente à 10 euros dans une édition merdique : boum boum, je l'ai achetée.

Bon, c'est toujours dur de devoir juger objectivement, avec quelques années de plus, un film qu'on avait adoré en pleine adolescence. Surtout quand, comme ici, on est souvent très borderline.

Soyons donc franc : le début est carrément pas génial, limite incompréhensible. Un capitaine de bateau, Aidan Quinn, a un accident, son navire se heurte à un iceberg, ses hommes débarquent sur la banquise. Ils entendent un truc. Branagh arrive, dit à tout le monde de se planquer. Discute avec Aidan Quinn et dit "my name is Victor Frankenstein" avec un air genre "ouuuuuuuuuuh". Tout ça en moins de 4 minutes. Ça fait beaucoup. D'autant qu'on regrette que Branagh n'ait pas été pris pour faire Obi-Wan, parce que vraiment, ça l'aurait fait.

Ensuite, il y a des scènes littéralement hystériques où Branagh tire sur plein de poulies tout en gueulant plein de trucs pour faire vivre le monstre.

Le monstre, parlons-en : un De Niro qui se demande vraiment ce qu'il fout là, et nous aussi. Ça serait lui ou un autre, c'est assez pareil.

Il y a à de nombreux moments des ellipses narratives très, très gênantes. Branagh est heureux chez lui avec sa femme. La scène d'après, il est en plein désespoir moral et délabrement physique, sans transition. Bref, faut parfois s'accrocher.

MAIS : attention, il y a des moments où ça prend ! Le baroque et la grandiloquence de Branagh finissent parfois par payer, surtout dans tout ce qui a trait à l'histoire d'amour quasi-incestueuse entre lui et Helena Bonham Carter. Pour dire, leur scène d'amour est carrément prenante et émouvante. La musique, omniprésente, de Patrick Doyle est aussi très efficace, avec une jolie mélodie.

Bref, au final, ça marche, mais de peu. Et ça reste meilleur que les autres films faits dans le sillage du "Dracula" de Coppola, type "Entretien avec un vampire" ou "Wolf".