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"Darkman"

Le fantôme de l'Opéra façon Sam Raimi

titre original "Darkman"
année de production 1990
réalisation Sam Raimi
scénario Sam Raimi, Ivan Raimi, Chuck Pfarrer, Daniel Goldin et Joshua Goldin
photographie Bill Pope
musique Danny Elfman
interprétation Liam Neeson, Frances McDormand, Bruce Campbell, John Landis
récompense Prix du meilleur réalisateur au festival international du film de Sitges 1990

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

Sur la lancée d'"Evil dead 2" (1987), Sam Raimi, jeune réalisateur plein de promesses, se voit confier par Universal son premier budget important (16 millions de dollars) avec "Darkman". Il ne décevra pas, le film rapportant trois fois son budget initial. "Darkman", que l'on peut classer dans la catégorie des films de super héros, est à partir d'une idée originale de Sam Raimi écrit par lui-même et son frère Ivan, secondés par une équipe de professionnels imposée par Universal, composée de Chuck Pfarrer et des frères  Goldin.

Un chercheur (Liam Neeson), qui travaille sur la possibilité de reconstituer in vitro des tissus humains dans un cadre thérapeutique, se trouve, par l'intermédiaire de sa compagne avocate (Frances McDormand), mêlé à une très grosse affaire de corruption immobilière. Lors d'une rixe à son laboratoire, il est très gravement brûlé et son laboratoire, détruit. Vivant reclus, il reconstitue dans les ruines son laboratoire et travaille à finaliser ses recherches dans le but de se venger de ses bourreaux.

Le tempérament de geek bien connu de Sam Raimi l'amène à profiter de l'occasion pour multiplier les hommages aux films qu'il vénère. Ainsi, "Freaks" de Tod Browning (1932), "L'homme au masque de cire" d'André De Toth (1953), "Le fantôme de l'Opéra" de Terence Fisher (1962) ou encore "Elephant man" de David Lynch (1980) sont, avec brio, largement évoqués. Si le fond de l'histoire est plutôt sombre, Sam Raimi ne se départit pas pour autant de son humour potache qu'Universal a, dans un premier temps, voulu censurer, pour ensuite revenir en arrière, laissant au film prendre toutes les dimensions voulues par son auteur.

Encore aujourd'hui, "Darkman" est à classer parmi les meilleurs films de super héros. Mine de rien, le jeune réalisateur posait très solidement les jalons de la trilogie "Spider-man" qui, dix ans plus tard, lui confèrera définitivement ses galons de réalisateur tout à la fois talentueux et commercial.

On notera la très courte apparition, à la fin du film, de Bruce Campbell, ami et acteur fétiche de Sam Raimi, qu'il n'avait pas réussi à imposer dans le rôle titre.