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"C'était demain"

H. G. Wells vs. Jack l'Éventreur

titre original "Time after time"
année de production 1979
réalisation Nicholas Meyer
scénario Nicholas Meyer
interprétation Malcolm McDowell, David Warner, Mary Steenburgen
récompenses • Grand prix au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1980
• Antenne d'or au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1980

La chronique de Julien Cassarino : cliquer ici.

La critique de Pierre

"Time after time", c'est une superbe chanson. C'est aussi un film, réalisé par le metteur en scène de "Star Trek" 2 et 6, film qui a une excelllllente réputation. J'en lisais encore du bien il y a quelques jours dans les critiques d'époque de Manchette dans Charlie Hebdo. Carrément une bonne raison pour le voir !

Le pitch : en 1973, H.G. Wells (Malcolm McDowell) invente la machine à explorer le temps. Un pote à lui, qui se révèle être carrément Jack l'Éventreur (David Warner), utilise la machine pour se rendre en 1979. Wells le poursuit.

Ouais. Que les effets spéciaux du voyage dans le temps soient une pourritude absolue, on s'y attendait, et c'est de peu d'importance. Le problème, c'est surtout que, plutôt que de pourchasser le ripper, Wells s'attache surtout à son histoire d'amour avec Mary Steenburgen ("Philadelphia", "Nixon", dont la ressemblance avec Kate Bush m'a toujours frappé), ce qui rallonge considérablement le film et le rend souvent... chiant ???

L'intérêt du truc, c'est que le film ressemble finalement à "Idiocracy". Wells est, en 1893, un socialiste convaincu. Il est persuadé que le futur donnera raison à ses utopies. Il constate, effaré, que le monde régresse. Et Jack l'Éventreur se sent au contraire tout à fait à sa place (ce personnage, dans tous les films où il apparaît, est toujours présenté comme un précurseur du 20ème siècle).

Au rayon bons acteurs, j'adore David Warner, le journaliste décapité de "La Malédiction" et le golmon des "Chiens de paille", ici excellent en éventreur délocalisé à San Francisco.

Au final : une petite déception. Voilà.

La critique de Didier Koch

Nicholas Meyer, scénariste et écrivain avant de passer à la mise en scène, est un passionné de Sherlock Holmes. Il n’est donc pas surprenant de le voir confier à une autre icône de la littérature anglaise du XIXème siècle, H.G. Wells, la mission de poursuivre Jack l’Éventreur par-delà les ans à l’aide de sa fameuse « machine à explorer le temps ».

Meyer, qui a rédigé lui-même le scénario, a pris visiblement un grand plaisir à se servir de l’invention imaginaire de Wells pour faire de l’auteur de science-fiction un détective transplanté bien malgré lui en 1979. Le spectacle est savoureux grâce au décalage temporel qui nous amuse grâce à l'observation de l’écart de civilisation qu’un homme de l’époque victorienne peut ressentir à la vue du bond technologique réalisé en seulement un siècle.

Aidé d’une charmante compagne pour son enquête, le célèbre romancier va découvrir l’amour qui, lui, ne s’embarrasse pas de toutes ces considérations spatio-temporelles. La partie suspense, certes accessoire, n’en est pas oubliée pour autant. Le tout est porté par des acteurs très en verve, dont le couple Malcolm McDowell-Mary Steenburgen (qui l’était aussi à la ville à l’époque).

Un très agréable prélude au choc que constituera "Retour vers le futur" six ans plus tard.