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"Au service secret de Sa Majesté"

6e volet de la saga James Bond

titre original "On Her Majesty's Secret Service"
année de production 1969
réalisation Peter R. Hunt
scénario Richard Maibaum, d'après Ian Fleming
photographie Michael Reed
musique John Barry
générique Maurice Binder
production Albert R. Broccoli et Harry Saltzman
interprétation George Lazenby (1re et dernière interprétation du personnage), Diana Rigg, Telly Savalas, Bernard Lee ("M"), Lois Maxwell (Miss Moneypenny), Desmond Llewelyn ("Q")

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Au service secret de Sa Majesté" fait un peu figure d’Ovni au sein de la saga James Bond bientôt riche de 25 épisodes. Ceci à plusieurs titres. Tout d’abord, Sean Connery, qui symbolisait depuis cinq épisodes l’agent 007, est remplacé par George Lazenby, un mannequin australien qui n’avait jamais mis les pieds sur un plateau de cinéma. Ensuite, Peter Hunt, monteur sur quatre des premiers épisodes, accède à sa première réalisation. Enfin, le roman éponyme de Ian Fleming, le seul écrit depuis l’exploitation de son personnage au cinéma, est ici adapté de manière particulièrement fidèle, ce qui n’avait pas été obligatoirement le cas pour les épisodes précédents. Ces trois innovations, dont une majeure car subie, vont s’avérer être un obstacle au succès commercial du film. Logiquement, pour la seconde fois consécutive, le box-office de la saga sera en baisse.

L’empreinte de Sean Connery sur le rôle était si forte qu’Albert R. Broccoli et Harry Saltzman (les fondateurs de la saga) s’attendaient sans doute à une telle conséquence. L’acteur écossais endossera une nouvelle fois le rôle pour "Les diamants sont éternels", après qu’une fois encore, le casting soit devenu un véritable casse-tête pour la production. La prestation de George Lazenby a bien sûr provoqué les réticences d’une partie de la critique et des spectateurs n’aimant pas être dérangés dans leurs habitudes. Pourtant, le temps faisant son effet, "Au service secret de Sa Majesté" remonte régulièrement dans les différents classements figurant sur le web.

Qu’en est-il vraiment ? On peut dire que le novice George Lazenby assure une parfaite transition entre Sean Connery et Roger Moore, qui reprendra le pistolet de l’agent 007 en 1973 pour ne le lâcher, un peu usé, qu’en 1985, après sept prestations où il donnera une image beaucoup plus décontractée et distanciée du célèbre agent. Peter Hunt, plutôt adroit à la réalisation, parvient à s’accommoder du registre expressif relativement limité de Lazenby et se sort remarquablement de la gestion des scènes d’action, qui sont parmi les meilleures depuis le début de la saga. Telly Savalas est un méchant particulièrement charismatique, que l’on regrette de ne pas voir davantage. Quant à Diana Rigg, qui quitte à peine la célèbre tenue de cuir d’Emma Peel, la partenaire de John Steed (Patrick MacNee) dans "Chapeau melon et bottes de cuir", elle apporte son charme mutin qui lui donnera le titre enviable d’être la seule James Bond girl à avoir réussi à mettre la corde au cou à 007. Le scénario est certes classique, mais il propose un équilibre harmonieux entre humour, romance et scènes d’action. La réhabilitation de ce sixième segment paraît donc parfaitement justifiée.

© Jeff Marshall
FilmsFantastiques.com, L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
La chronique de Gilles Penso
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Le topo de Gilles Penso sur la musique du film