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"L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford"

Brad Pitt is Jesse James

assassinat de Jesse James - affiche

titre original "The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford"
année de production 2007
réalisation Andrew Dominik
scénario Andrew Dominik
photographie Roger Deakins
musique Nick Cave et Warren Ellis
interprétation Brad Pitt, Mary-Louise Parker, Casey Affleck, Sam Rockwell, Jeremy Renner, Sam Shepard
 
récompense Coupe Volpi pour Brad Pitt au festival international du film de Venise 2007
 
versions précédentes • "Le Brigand bien aimé", Henry King, 1939
• "Le Retour de Frank James", Fritz Lang, 1940
• "J'ai tué Jesse James", Samuel Fuller, 1949
• "Jesse James, le brigand bien-aimé", Nicholas Ray, 1957
• "La Légende de Jesse James", Philip Kaufman, 1972
• "Le Gang des frères James", Walter Hill, 1980
• "American Outlaws", Les Mayfield, 2001

La critique de Sébastien Miguel pour Plans Américains

Une production majestueuse, une photo somptueuse de Roger Deakins, un casting remarquable, une sensibilité toute malickienne dans l’illustration de plages contemplatives, des sombres méditations sur fond de paysages enneigés. On pense à Altman, Malick, Cimino.

Le film comporte des instants inoubliables : l’ouverture, l’attaque du train (déjà une scène d’anthologie), le visage en pleurs de Mary-Louise Parker devant le corps exhibé de son amour, la fin escamotée par une ironique voix off.

Dominik fait de Jesse James (Brad Pitt, magnifique) un antihéros sombre et en pleine dépression. Robert Ford (époustouflant Casey Affleck) reste le seul véritable ‘héros’ de cette réflexion désabusée sur le vedettariat et sur la vanité de toute chose. On est en pleine démythification, en pleine relecture typique du Nouvel Hollywood.

Mais les multiples montages effectués par les producteurs (dont Ridley Scott !) ont considérablement alourdi un long métrage déjà difficile d’accès. De fait, "L’assassinat de Jesse James" semble bien trop déséquilibré pour être parfaitement acceptable.

En l’état, une œuvre incomplète, mais une œuvre mortifère mémorable.

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Pour son deuxième film, Andrew Dominik réussit à innover dans un genre qui, malgré le dépoussiérage des années 1970, demeure assez codifié : le western. Le choix des couleurs, la voix-off, les éclairages et le jeu des acteurs donnent au film l’apparence d’un rêve prenant la forme d’un compte à rebours. Le titre explicite du film indique clairement qu’il s’agit d’assister au moment de bascule où une petite frappe va voir son nom basculer dans le statut d’icône de l’Ouest américain, comme le deviendront après lui Bonnie Parker et Clyde Barrow.

Cette tonalité si particulière peut dérouter, mais permet de donner un éclairage nouveau sur la fin du bandit qui, revenu de tout et ne supportant plus de vivre dans la paranoïa qui le pousse à assassiner sans raison, a peut-être choisi de se suicider en s’offrant la mort qui pourra perpétrer sa légende. Pour étayer son propos, Dominik a bizarrement choisi de mettre dans la bouche de ses personnages une langue digne des meilleurs intellectuels new-yorkais. C’est ainsi que, régulièrement, Jesse James, Robert Ford et son frère dissertent sur le sens de la vie et sur les raisons qui les poussent à agir. Or, l’on sait que ces bandits de grands chemins étaient sans aucun doute tous incultes. Mais sans cet artifice, le film n’aurait sans doute pas pu avoir ce côté magique qui amène à comprendre pourquoi l’histoire de Robert Ford et de Jesse James était déjà écrite avant d’avoir commencé.

Finalement, Jesse James semble avoir tout orchestré dès le début, jusqu’au choix de l’arme du crime qu’il offre lui-même à celui qu’il sait devoir être son bourreau. C’est en réalité un sale tour qu’il joue à celui qui imagine devenir à son tour un nom célèbre de l’Ouest. En offrant son dos à Robert Ford, il condamne ce dernier au rejet du peuple et par la même, ravivera sa propre légende, faisant oublier ainsi les crimes crapuleux qu’il aura commis tout au long de ses larcins. Robert Ford le comprendra douloureusement, ne trouvant pas mieux, pour clouer le cercueil d’une légende improbable, que de rejouer sur scène à travers le pays la scène où il abat lâchement un Jesse James s’offrant en sacrifice. C’est ainsi que se bâtissent les légendes, semble nous dire Andrew Dominik. Jesse James avait donc besoin de son Robert Ford pour passer à la postérité.

Le tout est magnifiquement filmé et interprété, emportant le spectateur pendant deux heures trente sans qu’il ait le temps de s’en apercevoir. Brad Pitt a sans doute trouvé ici l’un de ses meilleurs rôles. À noter la présence de Marie Louise Parker, actrice trop peu souvent employée, pourtant magnifique dans "Beignets de tomates vertes" (Jon Avnet en 1992).

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Cette version trop longue (2h39) de la légende de Jesse James ne vaut pas celles de Henry King (1939), Fritz Lang (1940), Samuel Fuller (1949) et Nicholas Ray (1957). Mais les images sont magnifiques et les rapports psychologiques fouillés.

assassinat de Jesse James - American Cinematographer
Couverture du numéro d'octobre 2007 du magazine American Cinematographer

assassinat de Jesse James - générique

L'assassinat de Jesse James - photo 1

L'assassinat de Jesse James - photo 2

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