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"L'art du mensonge"

L'art du mensonge - affiche

titre original "The Good Liar"
année de production 2019
réalisation Bill Condon
scénario Jeffrey Hatcher, d'après le roman de Nicholas Searle
photographie Tobias A. Schliessler
musique Carter Burwell
interprétation Helen Mirren, Ian McKellen

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

Bill Condon met en scène, avec "L’art du mensonge", son onzième long métrage. Le réalisateur new-yorkais avait semblé être doté d’une véritable personnalité quand était sorti sur les écrans "Ni dieux, ni démons" en 1998, relatant les dernières semaines de la vie de James Whale qui, malade et oublié d’Hollywood, mettra fin à ses jours en 1957. Comme Bill Condon, le réalisateur de "Frankenstein" (1931) et de "La fiancée de Frankenstein" (1936) était homosexuel à une époque où il ne valait mieux ne pas l’être, ou que cela ne se sache pas, pour pouvoir poursuivre une carrière à Hollywood. Très nuancé et sensible, le film abordait les tourments qui assaillaient James Whale (Ian McKellen) se confiant à son jardinier (Brendan Fraser).

Malgré le retour très positif de la critique, Bill Condon s’est assez vite jeté dans les bras d’un conformisme bon teint, qui a réduit assez fortement la portée artistique de ses films, même s’il s’est toujours évertué à donner le meilleur de lui-même dans des projets moins ambitieux, mais sans aucun doute plus rémunérateurs.

"L’art du mensonge" s’inscrit clairement dans cette veine, proposant une intrigue s’enroulant en douceur autour d’une arnaque virant à « L’arroseur arrosé » sur fond de remugle nazi resurgissant d’un lointain passé berlinois. Autant dire qu’il ne faut guère s’attendre à être surpris par le scénario tiré d’un roman de Nicholas Searle ("The Good Liar"). C’est en réalité la réunion de Ian McKellen et Helen Mirren qui vaut le détour : visiblement, les deux acteurs sont très heureux d’évoluer pour la première fois ensemble devant une caméra de cinéma.

Bill Condon, en grand professionnel, mène le projet à bon port sans heurt et respectant toutes les étapes utiles au maintien du suspense. Malgré tout, "L’art du mensonge" ne restera qu’un film de commande sans grande âme d’un réalisateur qui avait sans doute bien d’autres choses à révéler s’il avait voulu en courir le risque.

L'art du mensonge - générique