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"J'aurai ta peau" version 1953

Biff Elliot is Mike Hammer

titre original "I, the Jury"
année de production 1953
réalisation Harry Essex
scénario Harry Essex, d'après le roman éponyme de Mickey Spillane (1947)
photographie John Alton
musique Franz Waxman
production Victor Saville
interprétation Biff Elliot, Preston Foster, Peggie Castle, Margaret Sheridan, Alan Reed, Mary Anderson, Tom Powers, Frances Osborne
 
version suivante "J'aurai ta peau" de Richard T. Heffron, 1982, États-Unis

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

La scène finale a donné au film sa célébrité.

Chronique de Thomas Révay pour So Film

En 1953, Harry Essex, le scénariste de "L'Étrange Créature du lac noir" (1953) – sans doute le meilleur film de monstre de la Universal – ou encore de l'excellent western "Les Quatre Fils de Katie Elder" (1965), réalise son premier long-métrage : "I, the Jury".

Adapté du roman de Mickey Spillane sorti en 1947, "I, the Jury" est la première apparition à l'écran du détective privé Mike Hammer. En décalage complet avec l'image du privé des années 1930, 1940, Sam Spade de Dashiell Hammett ou Marlowe de Raymond Chandler, Hammer est un personnage violent, brutal, instinctif et réactif. Il fera l'objet de deux séries de télévision ainsi qu'un certain nombre de films, dont l'extraordinaire "En quatrième vitesse" (1955).

Encore inconnu des écrans en 1953, le rôle revient à Biff Elliot, un acteur du monde de la télévision et du théâtre. Golden Gloves fin des années 1940, c'est-à-dire champion amateur de boxe anglaise, Biff est aussi fantassin durant la Seconde Guerre mondiale. Des expériences dures de vie et de mort qui le relient à Hammer, chez qui la physicalité prévaut sur la réflexion. Inconnu avant le film, il le restera ensuite malgré une excellente prestation. En décalage avec le reste du casting, solide dans les dialogues, Biff Elliot fait exister son explosivité et son sens de la réaction. L'énergie de l'acteur prime sur sa parole et sert parfaitement son personnage. "I, the Jury" est construit autour de moments de violence crédibles narrativement et visuellement, une spécificité rare dans le cinéma de ces années-là. Hammer est un voyou, une petite frappe qui prône le « faire justice soi-même ». En ce sens, le film rejoint le cinéma d'auto-défense dans sa morale et son discours choque autant que son inhabituelle rugosité. La mise en scène est maîtrisée, Essex sait habilement quand injecter de l'élan, de la vigueur et quand cadrer avec plus de distance. Multi-collaborateur d’Anthony Mann, John Alton signe la photographie noire et blanche du film. Les contrastes sont sublimes, les noirs denses, le travail sur les ombres et les reliefs, puissant.

"I, the Jury" est important historiquement parce qu'il met en scène pour la première fois à l'écran le personnage de Mike Hammer ; mais il est aussi un court récit tenu, parfaitement mis en scène, surprenant dans son explosibilité et à la photographie sublime.

Du roman à l'écran

"J'aurai ta peau" version 1953 est la première adaptation cinématographique d'une œuvre de l'écrivain américain Mickey Spillane (1918-2006) et en particulier la première apparition au cinéma du détective Mike Hammer. Suivront "En quatrième vitesse" de Robert Aldrich (1955), "My Gun is Quick" de Victor Saville et George A. White (1957) et "J'aurai ta peau" de Richard T. Heffron (1982) - sans compter le film britannique "Solo pour une blonde" de Roy Rowland (1963), avec Spillane lui-même dans le rôle de Mike Hammer.

J'aurai ta peau - affiche française
Affiche française de "J'aurai ta peau" version 1953

J'aurai ta peau - générique