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"America, America"

« I'm a Greek by blood, a Turk by birth and American because my uncle made a journey. »

America America - affiche

titre original "America America"
année de production 1963
réalisation Elia Kazan
scénario Elia Kazan, d'après son roman homonyme autobiographique (1962)
photographie Haskell Wexler
musique Manos Hatzidakis
interprétation Stathis Giallelis, Frank Wolff
récompenses • Oscar de la meilleure direction artistique pour Gene Callahan
• Coquille d'or du meilleur film au festival de Saint-Sébastien 1964

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Kazan n'a cessé, tout au long de son œuvre, de payer son tribut à l'Amérique. Chronologiquement, "America America" constitue le premier jalon d'une œuvre qui arpente l'histoire américaine de 1900 à 1970. C'est aussi le plus beau, le plus sobre et le plus humain de tous les films réalisés par Kazan. D'une absolue sincérité, "America America" est resté longtemps en gestation dans le cœur de l'ancien émigré grec avant qu'il ne s'en délivre d'un coup, avec force et lyrisme, en un double cri déchirant. Tout dans ce retour aux sources emporte et fascine : un récit bien articulé qui propulse le héros, en dépit de nombreuses vicissitudes, vers un but qu'il poursuit obstinément ; le monde cruel mais picaresque et foisonnant de vie qu'il traverse ; les portraits humains criants de vérité ; l'évolution psychologique de Stavros qui passe de manière convaincante de chien fou pur et innocent au jeune homme roué et calculateur adapté à sa future vie d'émigré ; le contexte historique discret évitant tout didactisme. Dans "America America", Kazan, libéré de tout maniérisme et de tout esthétisme gratuit, laisse parler son cœur. Son récit captive à la manière des conteurs orientaux. Avec intelligence, il a choisi le noir et blanc et des acteurs peu connus. Leur physique, leur démarche, leurs tics de langage ont été choisis avec minutie et on n'a jamais l'impression de voir des acteurs jouer. Tous vivent leur rôle, en particulier Stathis Giallelis, un acteur grec non professionnel qui est parfait dans le rôle principal.

Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Troisième volet de la trilogie américaine [après "Le Fleuve sauvage" (1960) et "La Fièvre dans le sang" (1961), NDLR], sur le thème de l'immigration vers les États-Unis et des minorités européennes brimées. Elia Kazan retrace l'histoire de sa propre famille dans un style à la fois intime et épique, brûlant de passion et esthétiquement très élaboré.