« Somebody after you? – Three somebodies. – The law? – Naw, this is personal. »

| titre original | "The Gunfighter" |
| année de production | 1950 |
| réalisation | Henry King |
| scénario | William Bowers et William Sellers |
| photographie | Arthur C. Miller |
| musique | Alfred Newman |
| production | Nunnally Johnson |
| interprétation | Gregory Peck, Helen Westcott, Millard Mitchell, Karl Malden, Skip Homeier, Richard Jaeckel |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Peu d'action dans ce western, mais un magnifique portrait de tueur fatigué que compose avec talent Gregory Peck.
Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon
L'un des premiers sur-westerns psychologiques. Les dernières heures d'un gunman fatigué évoquées de manière sobre et pathétique par Henry King. Un précurseur du "Train sifflera trois fois".
Extrait de la chronique du 21 avril 2011 de Bertrand Tavernier
"La Cible humaine" : film magnifique, ample, lyrique. On devrait ajouter quelques lignes pour louer l'excellent scénario de William Bowers et William Sellers d'après un script original de Bowers et de Toth. Ce dernier voulait faire le film. Il avait eu l'idée du sujet, inspiré par ce qui arrivait à Flynn, Bogart, Joe Louis dans les bars quand il les accompagnait. Il y avait toujours un jeune type qui les provoquait. De Toth voulait Gary Cooper (choix splendide) et tourner le film en couleurs désaturées, proches du sépia. Ce qui fit très peur à Zanuck, tenant d'un Technicolor plus que flamboyant dont témoignent ses comédies musicales. Et Cooper n'était pas sous contrat. Il proposa Peck et de Toth pensait que Peck était trop civilisé. C'est partiellement vrai et la moustache rattrape un peu, mais Peck est très bon dans le film, s'entendant très bien avec King. Ce dernier imposa sa patte dans le scénario, développant le rôle des enfants qui deviennent l'un des trois chœurs antiques qui commentent, étoffent, ouvrent le film. On les entend autant qu'on les voit et ils remplacent tout commentaire musical. Le seul moment musical, très fort, très bien écrit, presque Hermannien, se situe pendant le générique.
Dans ce scénario très bien dialogué, je retiens une scène très originale : Peck discute avec son ami Millard Michel, devenu marshal. Ils abordent un sujet grave – le fait que l'homme de loi veut faire partir le pistolero – et sont interrompus par un homme qui se confond en excuses et regrette de faire irruption dans cette conversation. Il leur annonce qu'un type est en train de brûler sa maison : « Vous avez essayé de l'arrêter ? – Oui, mais il m'a pas écouté. – Il est ivre ? – Sa conduite ne témoigne pas d'une vraie sobriété. » Toute cette scène jusqu'au départ de Mitchell est filmée en un seul plan général, sans raccords et King s'arrange pour que les acteurs soldent la scène, lui retirent tout pittoresque, la rendent aussi quotidienne que possible. Et cela évite un long affrontement moral entre les deux protagonistes.
Henry King et Gregory Peck
"La Cible humaine" est la deuxième collaboration du réalisateur avec l'acteur, après "Un homme de fer" (1949). Suivront "David et Bethsabée" (1951), "Les Neiges du Kilimandjaro" (1952), "Bravados" (1958) et "Un matin comme les autres" (1959).

Le générique de "La Cible humaine"
