Menu Fermer

"La Star"

La Star - affiche

titre original "The Star"
année de production 1952
réalisation Stuart Heisler
scénario Dale Eunson et Katherine Albert
photographie Ernest Laszlo
musique Victor Young
production Bert E. Friedlob
interprétation Bette Davis, Sterling Hayden, Natalie Wood, Warner Anderson, Minor Watson, June Travis, Paul Frees, Robert Warwick, Barbara Lawrence, Fay Baker, Herb Vigran

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Inédit en France. Un rôle en or pour Bette Davis, alors en route vers le déclin.

Extrait de la chronique du 26 décembre 2005 de Bertrand Tavernier

On retrouve ce ton qui fait l’originalité des meilleurs films de Stuart Heisler dans "La Star" (1952) qui vient de sortir, film très méconnu qu’adore Martin Scorcese et auquel Leonard Maltin donne trois étoiles et demi. Il s’agit d’un portrait assez décapant d’une actrice ruinée qui veut retravailler et qui, pour survivre, vend ses robes et ses meubles. Le scénario de Dale Eunson et Katherine Albert ne la glorifie jamais, ne passe pas sous silence son égocentrisme, ses aveuglements, ses maladresses. Tous ces traits sont accentués par l’interprétation dure, violente de Bette Davis, persuadée qu’elle jouait Joan Crawford. Mais elle savait aussi que ce personnage était proche d’elle (tout comme le personnage de Sterling Hayden, visiblement très autobiographique) et on a l’impression qu’elle y glisse beaucoup de détails intimes. On n’oublie pas le moment où elle réalise soudain, en visionnant son bout d’essai, qu’elle s’est totalement trompée dans son interprétation. Le film frappe par une justesse assez rare, qu’il décrive l’atmosphère d’un plateau, d’une party où les rapports mi amicaux mi sournois avec les producteurs. La mise en scène d’Heisler précise, sobre, elliptique avec de beaux élans (la course de Bette Davis dans la nuit) tire un excellent parti de certains décors naturels (le mouvement précédent Davis quand elle utilise l’escalator du grand magasin) et cette économie narrative, non exempte d’ironie ou d’amertume, donne un ton original à cette œuvre aussi éloignée du "Grand Couteau" d’Aldrich que de "Boulevard du crépuscule" de Wilder. À noter la délicieuse présence de Natalie Wood qui sort de l’enfance et que Heisler dirigera à nouveau dans "Collines brûlantes".