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"Un homme très recherché"

titre original "A most wanted man"
année de production 2014
réalisation Anton Corbijn
scénario d'après le roman éponyme de John le Carré (2008)
interprétation Philip Seymour Hoffman, Willem Dafoe, Rachel McAdams, Robin Wright,
Daniel Brühl

La critique de Didier Koch

Les adaptations cinématographiques des romans de John Le Carré ont rarement déçu, de "L'espion qui venait du froid" (Martin Ritt, 1965) à "La Taupe" (Tomas Alfredsson, 2001) en passant par '"MI5 demande protection" (Sidney Lumet, 1966) ou "Le tailleur de Panama". L'écrivain attire à lui des réalisateurs ayant su intégrer parfaitement son univers où le plus souvent le héros, quidam moyen dépassé par son sens du devoir, ne sait plus établir la frontière entre sa mission et sa vie privée partie en lambeaux.

Anton Corbijn ne s'y est pas trompé en adaptant un des derniers romans du grand auteur britannique "Un homme très recherché" et en confiant le rôle principal à Philip Seymour Hoffman, alors au zénith de sa carrière, mais aussi à quelques mois de sa fin tragique, trimbalant sur lui tous les stigmates d'une détresse qu'il avait choisi d'utiliser dans ses derniers rôles ("God's Pocket" de John Slattery). C'est dans un port de Hambourg magnifiquement filmé (photographie de Benoît Delhomme) que les services secrets sont sur les dents suite à l'arrivée incognito d'un dangereux terroriste tchétchène musulman prétendument venu sur place pour une affaire privée.

Services secrets allemands et américains se tirent la bourre avec des objectifs différents, liés à un mystérieux banquier (Willem Dafoe) soupçonné d'être un pourvoyeur de fonds pour le terrorisme international. Günther Bachmann (Philip Seymour Hoffman), chef du bureau des services secrets allemands, sur la corde raide depuis une opération ayant fini en carnage au Moyen Orient, mise gros sur cette filature du jeune terroriste (Grigori Dobryguine) guidé dans un Hambourg interlope par une jeune avocate idéaliste (Rachel McAdams).

L'action, pour une fois limpide, ce qui déroge plutôt aux canons du genre, ne distille pas le parfum de tubéreuse qui fait tout le charme des grands films d'espionnage. Reste le portrait pathétique de Günther Bachmann en résonnance troublante avec son interprète, et la présence énigmatique de Robin Wright que l'on a du mal à reconnaitre teinte en brune, en deus ex machina manipulatrice.