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"Terrain miné"

titre original "On deadly ground"
année de production 1994
réalisation Steven Seagal
production Steven Seagal
interprétation Steven Seagal, Michael Caine, Joan Chen, John C. McGinley, R. Lee Ermey, Billy Bob Thornton

La critique de Sébastien Miguel

Unique réalisation de Steven Seagal. Flop critique et public en son temps.

Mais le temps, justement, est fort taquin. Et comme "Le justicier de New York", "Terrain miné" est devenu légendaire...

L'air hautain et donneur de leçons de l'affreux Seagal, le message écologique naïf traité à travers une série B ultraviolente, les dialogues devenus cultes (la tirade de Lee Ermey au sujet des professionnels en slip, la réflexion de Caine sur le F.B.I.), les scènes oniriques affligeantes... Et on en passe...

Le casting participe brillamment au plaisir que procure ce chef-d’œuvre  : Michael Caine (?!) et R. Lee Ermey donc, Billy Bob Thornton et l'hallucinant John C. McGinley en porte-flingue psychopathe. En écarquillant les yeux, on apercevra même le réalisateur Irvin Kershner dans un petit caméo.

Michael Caine abandonna le cinéma après cette horreur et reprit son activité de restaurateur avant d'être sauvé in extremis par Jack Nicholson pour "Blood and wine".

L'interminable monologue final (d'une durée originale de 11 minutes, mais raccourci par le studio après des projections tests désastreuses) n'a aucun équivalent dans le cinéma d'action hollywoodien.

Un monument.

La critique de Pierre

Je vous présente le seul film à ce jour... produit par... interprété par... réalisé par... STEVEN SEAGAL HIMSELF. Et ce film, c'est "Terrain miné". Merci à la Fnac de Bruxelles où j'ai pu trouver le DVD, une foué !

Eh bien, mes aïeux, ce film est résumable en un mot, si si. "Terrain miné", c'est ROCK ! Une preuve ? La veste de Seagal pendant tout le film.

Le pitch : Seagal est un mec pas recommandable, qui bosse pour un grand magnat du pétrole aux méthodes douteuses, à savoir le méchant. Et le méchant, c'est carrément Michael Caine, grave teint (au niveau des cheveux), au creux total de sa carrière d'acteur. Ce méchant est si méchant que les déchets pourris de ses raffineries de pétrole, il n'en a rien à branler que ça dégomme l'atmosphère et l'environnement des eskimos. Mais son pote se faisant buter, Seagal va vaguement enquêter sur les méthodes de son employeur, qui va vouloir s'en débarrasser. Blessé, Seagal est recueilli par les eskimos, et oui, et notamment par une meuf un peu plus bonne que les autres. La meuf, c'est Joan Chen ("Twin peaks"), elle est chinoise, mais on n'est pas à ça près. S'ensuit la partie la plus délirante du film, où Seagal est considéré comme une sorte de Muad'dib par les eskimos et suit un parcours initiatique et mystique à la con. Avec des délires du genre : Seagal voit à sa droite une meuf à poil en train de se déhancher lascivement, et à sa gauche une vieille mémé affreuse. Vers laquelle doit-il aller ? Je ne le dis pas, mais sachez que Seagal a fait le bon choix. Au final, Caine balance une flopée de méchants aux trousses de Seagal, parmi lesquels : John McQuinley (plein de films d'Oliver Stone), R. Lee Ermey (le sergent instructeur de "Full metal jacket").

C'est Ermey qui prononce LA plus grande citation du film, et peut-être même du monde, assurément le plus grand moment du film en tout cas. Le truc, c'est Ermey qui, après avoir découvert le dossier militaire de Seagal, explique à l'un de ses troufions à qui ils ont vraiment affaire. Alors, j'ai un dilemme : je vous la balance ou pas ? Parce qu'à lire, elle est bien, mais à écouter, c'est un feu d'artifice. Allez, je préfère vous donner le lien vers la page de Nanarland où on peut entendre ce chef-d'œuvre in extenso (en VF) : www.nanarland.com/ilsontdit3.htm.

Bref, vous l'aurez compris : "Terrain miné" est un gros morceau de l'actioner bourrin. D'ailleurs, à la fin, Seagal se pointe dans la raffinerie et castagne tout le monde (autre citation : « Je n'ai pas le choix : je dois recourir à la violence »).

Dommage que, période post-"Piège en haute mer" oblige, il y a un peu moins de cassage de bras et un peu (beaucoup) plus d'écologie. Mais c'est pas grave : c'est tellement rock !

Steven Seagal sur le tournage du film