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"Seven"

« My badge says detective, same as yours. »

titre original "Se7en"
année de production 1995
réalisation David Fincher
scénario Andrew Kevin Walker
photographie Darius Khondji
musique Howard Shore
maquillage Rob Bottin
interprétation Brad Pitt, Morgan Freeman, Gwyneth Paltrow, Richard Roundtree, Kevin Spacey
récompense Prix au festival international du film de Porto 1996
FilmsFantastiques.com, L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
La chronique de Gilles Penso

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

"Le silence des agneaux" avait fait l'effet d'une bombe en 1991, donnant ses lettres de noblesse au film de serial killer. Curieusement, la déferlante d'émules du film de Jonathan Demme ne s'était pas abattue sur Hollywood immédiatement à la suite. C'est "Seven" de David Fincher, jeune réalisateur venu de l'univers du clip, qui allait allumer la mèche en proposant une codification assez précise du genre, cette fois-ci clairement axée sur le modus operandi du tueur.

Le scénario proposé par Andrew Kevin Walker (ancien vendeur dans un magasin de disques mis en relation avec David Fincher par l'assistant de David Koepp, autre scénariste réputé), fruit de trois ans de travail, se joue avec délectation de la mise en scène orchestrée par un tueur machiavélique, bien décidé à jouer au chat et à la souris avec deux enquêteurs formant un duo très classique, basé sur la confrontation entre la sagesse de l'expérience (l'inspecteur Somerset, à deux semaines de la retraite, joué par le hiératique Morgan Freeman) et la fougue de la jeunesse (l'inspecteur Mills, incarné par un Brad Pitt en pleine ascension depuis "Thelma & Louise" en 1991). Le flair de l'inspecteur Somerset mène vite sur une sorte de punition divine imaginée par le tueur à partir des sept péchés capitaux. Le nombre des meurtres à venir devenu connu, la course contre la montre s'engage pour tenter d'enrayer la macabre sentence.

S'il avait surpris à l'époque par son audace, notamment celle de ses images crues, "Seven" laisse entrevoir aujourd'hui quelques faiblesses aux coutures qui dénotent un goût de l'épate assez prononcé chez David Fincher. Péché mignon que l'on pourra d'ailleurs détecter tout au long de sa filmographie. Avec un peu de recul, on constate en effet que les crimes perpétrés par l'esprit dérangé de John Doe (Kevin Spacey) sont pour la plupart invraisemblables dans leur exécution, David Fincher ayant beaucoup sacrifié au spectaculaire. Idem pour l'ambiance un peu trop « mouillée » d'un New York noyé sous une pluie torrentielle dont on se demande si elle n'est pas le prélude à un nouveau déluge. Le jeu de Brad Pitt, qui n'est pas économe en effets de manche, participe du même mouvement. Enfin, on ne dira rien de la prestation d'un Kevin Spacey à l'allure extatique, qui frise très rapidement la tête à claques.

Les années qui passent permettent de faire le tri entre les chefs-d'œuvre dont fait partie assurément "Le silence des agneaux" et les films, certes très sympathiques, mais un peu boursouflés. On peut bien sûr penser le contraire.

Le titre du film

Il fait référence au nombre des péchés dits capitaux qui sont, dans la religion catholique, les péchés entraînant tous les autres. Cette nomenclature, qui est distincte de la désobéissance aux prescriptions du Décalogue (les dix commandements), apparaît au IVe siècle et a été systématisée au XIIIe siècle par Thomas d'Aquin. Ce sont la paresse (ou acédie), l’orgueil, la gourmandise (ou addiction), la luxure, l’avarice, la colère et l’envie.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Éblouissant thriller : mise en scène brillante et scénario démoniaque, interprétation excellente et suspense garanti. Les 20 dernières minutes tiennent le spectateur en haleine comme aucun film ne l'avait fait jusqu'alors.

Commentaire du chef-opérateur Darius Khondji
source : entretien réalisé par Didier Verdurand en 2007 pour le site ecranlarge.com

J'ai rencontré David Fincher sur une pub pour Nike tournée en France. Le tournage a été très lourd et compliqué, mais nous nous sommes bien entendus sans que j'imagine un instant qu'il m'appelle pour me proposer "Seven". J'ai immédiatement accepté malgré la peur des barrages de syndicats américains. J'avais connu cette mésaventure avec "Kalifornia" que je devais éclairer et n'avais pas pu parce que je n'avais pas d'agent américain, je ne faisais pas partie d'un syndicat, etc. Là, David Fincher a tenu bon face au studio et a réussi à me faire engager malgré les difficultés que cela imposait. Je n'ai pas revu "Seven" depuis des années. Ce fut un plaisir et une douleur incroyables de le faire. C'est un film très difficile à sortir de soi, surtout pour David qui souffrait énormément à l'époque à cause de problèmes personnels.

© Kevin M Wilson