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"RoboCop" version 1987

titre original "RoboCop"
année de production 1987
réalisation Paul Verhoeven
scénario Edward Neumeier et Michael Miner
photographie Jost Vacano
musique Basil Poledouris
interprétation Peter Weller, Nancy Allen, Ronny Cox, Kurtwood Smith, Miguel Ferrer, Ray Wise, Paul McCrane
récompenses • Oscar des meilleurs effets sonores
• Prix d'excellence pour les effets spéciaux au festival d'Avoriaz 1988
• Prix de la C.S.T. au festival d'Avoriaz 1988
suites • "RoboCop 2", Irvin Kershner, 1990
• "RoboCop 3", Fred Dekker, 1993
remake "RoboCop", José Padilha, 2014

La critique de DVDClassik : cliquer ici.

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Proche de la BD, mettant en lumière tous les aspects fantastiques de la technologie, le film de Verhoeven est d'une violence extrême tout en conservant une incontestable ironie dans le ton. Ce robot fait d'un cadavre ressuscité et de rouages électroniques rejoint, dans la mythologie cinématographique, Frankenstein lui-même.

La critique de Didier Koch

Ayant de plus en plus de démêlés avec la critique de son pays et s’y sentant sans doute un peu à l’étroit, Paul Verhoeven émigre en 1984 aux États-Unis, où son sens de l’entertainment sera vite mis à profit dans de grosses productions.

Après une entrée en matière tonitruante avec "La Chair et le Sang", épopée médiévale sanglante, il débarque sur le projet "RoboCop" écrit par Michael Miner et Edward Neumeier, qu’il avait tout d’abord trouvé indigent mais que sa femme l’avait très vite enjoint à reconsidérer.

Cette dernière a bien fait, car le scénario se prêtait tout à fait à l’esprit frondeur du réalisateur néerlandais. Derrière l’aspect ludique du sujet, sont en effet placées des banderilles qui, le plus souvent sur le ton d’un humour décapant, dénoncent la politique de Ronald Reagan en particulier (privatisation des services publics, y compris les plus régaliens) et les mœurs de la société américaine en général (l’abêtissement par la télévision).

Dès l’entame, Verhoeven met le doigt sur les paradoxes de cette société du spectacle où, sur un mur d’écrans, défilent les images les plus terribles des misères du monde commentées par deux présentateurs (homme et femme) au brushing parfait et au sourire éclatant. Il en ira de même pour les dirigeants de l’OCP (Omni Cartel des Produits), qui ont cru naïvement qu’un cyborg pourrait régler tous les problèmes de délinquance qui gangrène la ville de Détroit en panne de ses industries devenues obsolètes.

Une cité à la dérive qui a fait appel au secteur privé pour régler ses problèmes de sécurité avant d’imaginer Delta City, la cité moderne qui redorera un blason terni. Cette prophétie laisse songeur quand on sait que la grande cité, jamais sortie de son marasme, a été conduite en 2013 à se déclarer en faillite.

Un court moment docile, RoboCop rappellera à ses créateurs que si l’on ne peut impunément créer artificiellement la vie comme le rêvait le baron Frankenstein, on ne peut davantage mettre en cage l’esprit humain, même enserré dans une amure en Kevlar. Le robot, devenu incontrôlable et qui ne rêve que de vengeance comme tout bon cowboy de l’Ouest, va donc s’en donner à cœur joie pour démontrer à ses créateurs l’inanité de leur démarche.

À partir de ce canevas en contrepoint, Verhoeven parvient à merveille à fusionner humour corrosif et film d’action roboratif, conduisant ainsi son métrage sur la voie du succès commercial. Et aussi le tour de force qui consiste, par la méthode de l’entrisme, à démonter les failles d’un système en épousant ses formes. Du grand art qui lui sera peut-être insidieusement reproché quand les producteurs lui couperont les vivres après le fiasco de "Showgirls" (1995).

La pantomime du robot est parfaite et l’on songe, en voyant RoboCop délivrer son ballet, élégant mariage entre gestes déliés et saccadés, à tout le travail fourni par Peter Weller pour rendre crédible le héros de cette saga qui revient à la mode grâce au remake récent de José Padilha (2014).

Les méchants sont bien entendus très méchants et pour notre plus grand plaisir tournés en ridicule, avec un Ronny Cox ravi d’endosser enfin le rôle du bad guy. Il faut aussi souligner la magnifique photographie de l’opérateur allemand Jost Vacano, fidèle compagnon de route de Verhoeven durant tout son périple dans la cité des anges, qui s'accommode ici très bien de la coloration style BD du film voulue par Verhoeven.

Affiche alternative © Matt Ferguson
Affiche alternative © Gabz
Affiche alternative © Gabz (variante)
Affiche alternative © Ibraheem Youssef
DVD The Criterion Collection

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ED 209 :  Enforcer Droid 209 en VO (traduit dans le film par « Echo Dépisteur », pour garder les initiales)

OCP : Omni Consumer Products en VO (traduit dans le film par « Omni Cartel des Produits »)

Couverture du Cinefex de novembre 1987