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"Mafia blues"

titre original "Analyze This"
année de production 1999
réalisation Harold Ramis
musique Howard Shore
interprétation Robert De Niro, Billy Crystal, Chazz Palminteri, Lisa Kudrow
suite "Mafia blues 2 - La rechute", Harold Ramis, avec les mêmes acteurs, 2002

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Une honnête comédie, mais avec deux têtes d'affiche, De Niro et Crystal, qui en ont assuré le succès.

La critique de Didier Koch pour Plans Américains

C'est avec "Mafia blues" que Robert De Niro effectue ses réels premiers pas dans la franche comédie sous la houlette d'Harold Ramis, ex-scénariste spécialisé dans le genre qui compte à son actif le succès phénoménal du diptyque "SOS fantômes" (Ivan Reitman en 1984 et 1989). Le succès du film déclenchera, trois ans plus tard, une suite qui incitera De Niro, sentant les ans venir, à s'aventurer à nouveau dans un domaine lui permettant de continuer à  conserver un certain crédit auprès des producteurs, ses films plus ambitieux ne rencontrant plus guère d'écho.

Le scénario, écrit par Ramis avec Peter Tolan et Kenneth Lonergan à partir d'une idée originale des deux auteurs, est tout bonnement génial. Un parrain italien soudainement pris de crises d'angoisse est conduit par l'un de ses hommes de main chez un psychanalyste (Billy Crystal), lui-même en proie à des doutes existentiels à force de vivre dans l'ombre de son père, célèbre praticien dans le même domaine. Comble du machisme, le parrain joué par un De Niro fort de tout son background de rôles du même acabit, fournit le sujet idéal à des dialogues succulents nés de la confrontation entre deux mondes qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

Les circonvolutions des deux hommes pour mener une analyse qui ne doit jamais dire son nom sont drolatiques à souhait et constituent tout le sel du film. Bien entendu, Paul Vitti (Robert De Niro) devient vite tyrannique, considérant son psy comme l'un de ses sbires corvéables à merci 24 heures sur 24. Là encore, les scènes comiques s'enchaînent pour le plus grand plaisir du spectateur.

Ces deux ressorts comiques sont tellement efficaces que Ramis tire sans doute un peu trop sur la corde, ne faisant pas assez évoluer l'intrigue autour de personnages secondaires qui viendraient apporter des moments de respiration ou varier le propos. C'est sans aucun doute la seule petite faiblesse de "Mafia blues", qui permet à Robert De Niro de s'auto-parodier avec délectation, montrant une force comique que l'on avait déjà sentie poindre dans "La valse des pantins" et "Midnight Run".

Le film a fait un tabac, et tout naturellement, une suite a été mise en chantier, qui n'aura pas la même force que ce premier opus qui, s'il ne rejoint pas les grands films de l'acteur italo-américain, montre toute l'étendue de son talent. Il faut noter que Billy Crystal lui renvoie parfaitement la balle, même s'il ne tirera pas tous les effets escomptés de sa soudaine popularité.

Coïncidence, à la même époque, le regretté James Gandolfini endosse le rôle de Tony Soprano, autre mafioso s'allongeant sur le divan dans la série HBO devenue culte.

À voir pour passer une excellente soirée.