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"Last seduction"

titre original "The last seduction"
année de production 1994
réalisation John Dahl
interprétation Linda Fiorentino, Bill Pullman, Peter Berg
récompense Prix de la critique au festival du film policier de Cognac 1994

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Un superbe hommage au film noir avec une Linda Fiorentino qui rejoint dans le panthéon des femmes fatales Barbara Stanwyck et Lana Turner, y ajoutant une pointe de vulgarité qui la rend plus crédible. Ce troisième film de Dahl confirme sa maîtrise du genre.

La critique de Didier Koch

En dix ans au détour des années 1990, John Dahl se sera affirmé comme l'un des maîtres du film néo-noir. En l'espace de six films, il aura montré sa capacité à reprendre les codes du genre, pour les adapter à son époque où une sensualité explicite rivalisait avec un humour qui ne devait en rien gâcher la tension inhérente au genre. Pari difficile que John Dahl a réussi haut la main dans chacune de ses entreprises.

"Last seduction", son troisième film, doit beaucoup à la beauté incendiaire et peu conventionnelle de Linda Fiorentino, qui connaitra une courte période de gloire grâce à ce rôle très haut en couleurs. Juste après le terrible flop que fut "Jade" de William Friedkin, un autre rôle sous la houlette de John Dahl ("Mémoires suspectes" en 1996) ne parviendra pas à relancer sa carrière, qui doucement s'étiolera jusqu'à la fin des années 2000. Elle brille néanmoins de mille feux dans "Last seduction" où, femme de caractère, elle dépouille son yuppie de mari (Bill Pullman) du magot qu'il vient de chiper à des trafiquants de drogue, après qu'il a eu la mauvaise idée de la gifler pour lui remettre les idées en place.

S'ensuit une planque dans une petite ville sur la route de Chicago, où elle dévergondera un bureaucrate (Peter Berg) entre autres péripéties, qui la conduiront à vouloir se débarrasser de son mari qui a rapidement embauché un détective pour récupérer les 70 000 dollars envolés. Le scénario écrit par  Steve Barancik enfile certes les invraisemblances pour parvenir à son twist final en pied de nez, mais peu importe, car Miss Fiorentino, qui ne respecte rien, incendie l'écran pour notre plus grand plaisir.

Un film malin devenu culte, qui n'est sans doute pas le plus abouti de John Dahl, mais dont l'originalité nous fait regretter de voir ce réalisateur si prometteur aujourd'hui cantonné dans la réalisation d'épisodes de séries télévisées ("Californication", "Dexter" ,"True blood", "Vampires diaries", "House of cards").