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"L'œil du témoin"

titre original "Eyewitness"
année de production 1981
réalisation Peter Yates
scénario Steve Tesich
interprétation William Hurt, Sigourney Weaver, Christopher Plummer, James Woods, Pamela Reed, Morgan Freeman

La critique de Didier Koch

Débarqué  de son Angleterre natale en 1968 pour mettre en scène "Bullitt" avec Steve McQueen, qui fera un carton au box-office et reste encore dans les mémoires pour sa très longue course poursuite dans les rues de San Francisco, Peter Yates est, en 1981, un réalisateur reconnu à Hollywood, où il alterne films personnels et succès commerciaux.

Sentant venir un regain d'intérêt pour le film noir qui prendra progressivement l’appellation de thriller après le succès retentissant, la même année, de "La fièvre au corps" (avec aussi William Hurt dans le rôle principal), il se lance, avec l’aide du romancier canadien Steve Tesich, dans la réalisation et la production de "L’œil du témoin", néo-polar vaporeux pour lequel il réunit William Hurt, jeune pousse repérée au théâtre puis dans le formidable "Au-delà du réel" de Ken Russell (1980), et Sigourney Weaver, qui vient tout juste d’accéder au statut de star après sa prestation de chef d’équipage spatial ultra combative dans "Alien, le 8ème passager". Peter Yates et Steve Tesich se connaissent bien après avoir collaboré deux ans plus tôt pour "La bande des quatre", film modeste sur l’amitié de quatre jeunes hommes issus de la classe ouvrière, récompensé d’un Oscar du meilleur scénario pour Steve Tesich.

A priori, tout est réuni pour une réussite aussi bien critique que commerciale. Le début s’avère d'ailleurs prometteur, prenant son inspiration chez le Sydney Pollack des "3 jours du Condor", où un jeune homme sans histoire semble mettre le pied dans une histoire qui le dépasse. Malheureusement, l'idylle entre Sigourney Weaver, présentatrice de télévision, et William Hurt phagocyte très vite l'intrigue policière autour du meurtre d'un ponte japonais mêlé au conflit israélo-palestinien dans les locaux où travaille le jeune homme en charge de l'entretien. Le scénario ne parvenant jamais à trouver son équilibre, l'intérêt va progressivement en déclinant, le spectateur finissant par se demander où veut réellement l'emmener Peter Yates. Près de quarante ans après sa sortie en salle, le film accuse malheureusement encore plus ses défauts.

Pour apprécier le talent de Peter Yates, il vaut assurément mieux voir "Les copains d'Eddie Coyle" réalisé en 1973, formidable film policier où un Robert Mitchum fatigué brosse avec maestria le portrait touchant d'un malfrat au bout du rouleau.