Menu Fermer

"L'Épouvantail"

titre original "Scarecrow"
année de production 1973
réalisation Jerry Schatzberg
photographie Vilmos Zsigmond
interprétation Al Pacino, Gene Hackman, Richard Lynch
récompense Palme d'or au festival de Cannes 1973

La critique de Pierre

Ce n'est pas tous les jours qu'on découvre une Palme d'or à Cannes de 1973, réalisée par Jerry Schatzberg, avec carrément AL PACINO et GENE HACKMAN.

J'avoue que j'ai lancé le film avec une légère appréhension. Je me rappelais en avoir vu 15 minutes ennuyeuses il y a longtemps. Et l'histoire, genre deux marginaux se baladent dans l'Amérique profonde, n'est pas spécialement excitante. Enfin, ce n'est pas parce que ce sont les 70's qu'il faut forcément s'agenouiller.

Au final, je m'agenouille. Après un début il est vrai un peu lent, mais superbement photographié comme d'ailleurs tout le film, les personnages deviennent de plus en plus émouvants :
- Gene Hackman dans le rôle de Max, un ex-taulard bagarreur qui veut monter une entreprise de carwash à Pittspurgh ;
- Pacino dans le rôle de Francis, jeune type un peu paumé qui trimbale une lampe à offrir à son enfant (il ne sait pas s'il s'agit d'un garçon ou d'une fille).
Chacun apprendra de l'autre dans cette histoire à la fin hyper émouvante, avec de grandes grandes scènes entre temps.
Et il est rare de voir Hackman dans un rôle authentiquement émouvant, sans chuckles.
Entre lui et Pacino, le film est un vrai catalogue du method acting, manque plus que James Lipton pour nous expliquer le truc à la fin !

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Comme les précédents films de son auteur, "Portrait d'une enfant déchue" et "Panique à Needle Park", "L’Épouvantail", qui obtint la Palme d'or du festival de Cannes 1973, raconte l'histoire d'une solitude ou, plus justement, de deux solitudes que réunit l'amitié. Road movie construit sur le thème classique de l'itinéraire géographique doublé d'un itinéraire moral, ce 3ème film de Jerry Schatzberg a ceci de particulier que si ses héros sont des marginaux, à l'instar de ceux de "Panique à Needle Park" et de quantité de films américains de cette époque, ils ne refusent pas la société ; ils ne rêvent au contraire que de s'y intégrer. Le constat d'échec caractéristique de ce type de production n'en est que plus amer.