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"Jusqu'en enfer"

titre original "Drag me to hell"
année de production 2009
réalisation Sam Raimi
scénario Sam Raimi
interprétation Alison Lohman, Justin Long

La critique de Citizen Poulpe : cliquer ici.

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

Une réussite de Sam Raimi ! (la critique de Pierre)

Richard Donner, dès qu'il a réalisé "L'arme fatale", est devenu le cinéaste d'une franchise, dans laquelle il a cachetonné pépère avec cette enflure de Mel Gibson. Sam Raimi prenait cette mauvaise pente, après avoir consacré 10 ans de sa vie à "Spider-man", dont le 3e épisode laissait sceptique. Clairement, Raimi a voulu secouer le cocotier avec cet excellent "Jusqu'en enfer", qui le voit revenir au fantastique de ses débuts.

Le pitch : Christine Brown (Alison Lohman) est une employée de banque qui veut obtenir une promotion. Pour ça, elle dégage une vieille dame un peu bizarre et dégueu, qui l'implore de lui laisser un délai pour éviter d'être expulsée de sa maison. La vieille revient et jette un sort à Christine, dont la vie va devenir un enfer... Comment éviter la terrible malédiction ??

Super film. Je ne veux pas dire grand chose, parce que ce serait en spoiler le bonheur de chaque instant. Disons quand même que c'est un peu un conte moral, avec une petite accroche sur l'actualité (la vieille dame qui risque l'expulsion). C'est même assez gonflé, parce que Raimi, à mon sens, charge très méchamment son héroïne, une cul-terreuse avec laquelle le cinéaste est très cruel. C'est un peu l'Amérique d'Hollywood qui se fout de la gueule d'une bouseuse, pour résumer. Mais bon, les "riches" sont aussi dépeints sans ménagement (mais avec un trait moins acéré).

Bref, vous n'aurez pas "peur" au sens littéral devant "Jusqu'en enfer". En revanche, on y sursaute et on est constamment dedans (un peu comme "Evil dead", quoi). Raimi crée d'ailleurs un pont amusant avec "Evil dead", puisque les esprits de "Jusqu'en enfer" lévitent de la même façon et ont la même voix. Autre référence amusante chopée sur IMDb : Raimi utilise dans le générique de fin la BO, jamais utilisée, que Lalo Schifrin avait composée pour "L'Exorciste" de Friedkin (et que Friedkin avait jeté par la fenêtre pour préférer les clochettes turbulantes). Faut dire, il y a quelques ressemblances entre l'histoire du Raimi et celle de "L'Exorciste". Mais je n'en dis pas plus.

Seul vrai défaut : le numérique, qui comme pour "Midnight meat train", désamorce les effets gore. Tant pis, mais le film est si bon par ailleurs, le scénario si astucieux, la mise en scène si inventive, qu'il FAUT le voir.