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"Insidious"

titre original "Insidious"
année de production 2010
réalisation James Wan
suites • "Insidious chapitre 2", James Wan, 2013
• "Insidious chapitre 3", Leigh Whannell, 2015

La critique de Citizen Poulpe : cliquer ici.

La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

Wan est désormais une figure de proue du cinéma d'horreur et d'épouvante américain qui manque de personnalités marquantes depuis le passage de Sam Raimi à l'adaptation de comic books et les semi-retraites des John Carpenter, Wes Craven ou Tobe Hooper. Le jeune homme a le don de trouver la formule qui fait mouche pour attirer le public. "Saw", son premier opus malin en 2004, lui a ouvert toutes grandes les portes des studios, son film devenant instantanément un des plus rentables du cinéma d'horreur avec "Scream". S'en est suivi une franchise (on dénombre à ce jour six épisodes) à laquelle James Wan s'est bien gardé de participer, se contentant de la place juteuse de producteur délégué.

Avec "Insidious", toujours aidé au scénario de son copain de fac australien Leigh Whannell, il s'attaque au créneau de la maison hantée guère revisité depuis l'époque glorieuse d'"Amityville, la maison du diable" (Stuart Rosenberg, 1979) et de "Poltergeist" (Tobe Hooper, 1982), hormis par le très brillant Alejandro Amenábar qui donna, en 2001, avec "Les Autres", une version très épurée du fameux "Tour d'écrou" d'Henry James.

Toujours malin et terriblement efficace, Wan ne s'embarrasse pas des habituels préambules qui, en général, nous présentent longuement la joyeuse famille préparant son déménagement avant d'arriver dans la maison de leur cauchemar. Wan sait que le spectateur du XXIe siècle en veut beaucoup et tout de suite. Il lui donne donc satisfaction sans rechigner.

Pour diversifier un peu un sujet maint fois effeuillé, il le marie avec un autre sous-genre du cinéma horrifique, la possession de l'âme d'un enfant par le démon ("L'Exorciste", William Friedkin, 1973). On fait appel ici au voyage astral ("Les griffes de la nuit", Wes Craven, 1984), où l'âme vagabonde d'un bambin à l'imagination développée est capable de quitter temporairement son enveloppe charnelle, la laissant proie tentante pour les âmes défuntes toujours envieuses de retrouver un peu de vie.

James Wan et son collègue Whannell sont les adeptes du patchwork scénaristique, mais le rendu final étant tout à fait comestible, voire plaisant, on ne leur jettera pas la pierre.