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"In the cut"

titre original "In the cut"
année de production 2003
réalisation Jane Campion
scénario Jane Campion et Susanna Moore, d'après le roman de cette dernière
photographie Dion Beebe
interprétation Meg Ryan, Jennifer Jason Leigh, Mark Ruffalo, Kevin Bacon

La critique de DVDClassik : cliquer ici.

La critique de Sébastien Miguel

Une chaleur écrasante, des rues jonchées d’ordures, une universitaire explorant sa sexualité, un serial killer égorgeant et éviscérant des jeunes femmes… Moiteur des corps, massacres sanglants, cauchemar freudien.

Crudité inouï lors des rapports intimes (pour Jane Campion, sexe et amour sont indissociables), composition esthétique admirable (photo époustouflante de Dion Beebe). Couleurs brûlantes, flou omniprésent. Le film avance fébrilement entre le réalisme sordide et le fantastique inquiétant (cf. le générique onirique, la couronne mortuaire qui suit l’héroïne dans le métro…). Dans un tout autre style, on pense à "Eyes wide shut" (Kidman devait d’ailleurs jouer le rôle principal d’"In the cut").

Chaque image exprime une tension sexuelle extraordinaire, magnifiant toujours le mélange entre excitation, danger, sexe et mort.

Mark Ruffalo est prodigieux d’animalité, de virilité menaçante. Meg Ryan, dans un contre-emploi suicidaire, est admirable.

La critique de Didier Koch

Dans la très courte filmographie de Jane Campion, "In the cut" fait office, selon les exégètes de la réalisatrice, de seule concession au cinéma commercial.

La réalisatrice néo-zélandaise propose, à travers l'observation de Frannie (Meg Ryan), une jeune professeure de littérature dépressive, un thriller érotique très particulier, filmé au plus près des corps, dans un style mélangeant le vérisme de la caméra au poing et la confusion des formes et des couleurs liée à une mise au point volontairement diffuse.

L'intrigue qui vient en contrepoint pour souligner le malaise de Frannie accentue encore le sentiment de malaise, le détective chargé de l'enquête joué par un Mark Ruffalo débutant relooké façon Burt Reynolds à moustache étant particulièrement ambigu.

C'est cette confusion dont s'est délectée Jane Campion, qui a profité de l'occasion pour permettre à Meg Ryan (c'est Nicole Kidman qui initialement devait être au casting) de sortir de ses rôles de jeune fille romantique qu'elle multipliait depuis le succès de "Quand Harry rencontre Sally..." 14 ans plus tôt. La performance de l'actrice, méconnaissable, est proprement sidérante de sincérité, et c'est celle-ci qui donne tout son prix à ce thriller innovant, mais sans doute pas inoubliable.