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"Hostel"

titre original "Hostel"
année de production 2005
réalisation Eli Roth
scénario Eli Roth
interprétation Jay Hernandez, Takashi Miike
 
suite "Hostel - chapitre II", Eli Roth, 2007

La critique de Pierre

Eli Roth est un jeune réal, qui s'était fait remarquer d'une part en étant l'assistant de Lynch, et d'autre part en faisant un sympathique premier film, "Cabin fever", très gore, qui avait été sponsorisé par Peter Jackson.

Aujourd'hui, Roth nous revient sous le patronage de QT, producteur exécutif, avec "Hostel", auréolé de son succès foudroyant au box-office américain et d'un buzz délirant, nous promettant un film d'une violence insoutenable.

Notons aussi que "Hostel" se place également dans la continuité des films d'horreurs japonais : pas ceux avec des fantômes, non, ceux où les mecs s'arrachent les couilles et se scient la tronche, comme peut en réaliser Takashi Miike, qui fait une apparition dans le film.

Tout ça a fait que, honneur suprême, j'ai estimé que ça méritait une vision ciné dès le jour de la sortie.

Soyons clair : si c'est franchement très gore, "Hostel" n'est pas pour autant "insoutenable" (en dépit d'une scène très très méchante), pour peu que l'on soit un peu habitué au genre. En revanche, c'est un film d'horreur très, très réussi.

Le pitch est bon, mais je ne veux pas trop l'éventer, j'en dis donc le minimum : trois potes, deux Américains (dont Jay Hernandez, le Carlito de la préquelle) et un Islandais, vont à Bratislava pour b...er des meufs (on leur a vendu la ville comme un baisodrome rempli de filles de l'Est prêtes à se faire fourrer par les étrangers). Au final, ça ne va pas se passer comme prévu...

Je craignais qu'il s'agisse d'un film où les gens sont torturés à la chaîne et point barre : pas du tout. Il y a une vraie tension dramatique, des personnages, et le suspense fonctionne très très bien. On est complètement happé et immergé dans une ambiance vraiment sinistre et dégueulasse (le film exploite très bien l'opinion qu'on se fait des pays de l'Est).

Ça n'est pas non plus vide de sens : on comprend bien qu'il s'agit de l'exploitation des pays pauvres par les États-Unis.

À la fin de la séance (on n'était pas beaucoup), les gens se regardaient, hébétés, j'ai senti comme un besoin qu'on se parle, tous, pour partager l'expérience.

Donc, c'est bien et ça gagne à être vu au cinéma, en salle. C'est à mon sens meilleur que "Wolf creek", par exemple, car plus stylé, baroque et fou. En tout cas, Roth a clairement atteint sa cible.

Deux références dans le film :
- une amusante à "Shining" (notez le numéro de la chambre que prennent les héros dans l'hôtel) ;
- une énervante à "Pulp fiction", inloupable, dans la grande tradition de l'autocitation tarantinienne. Allez, on pardonne pour cette fois.