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"Hitchcock"

titre original "Hitchcock"
année de production 2012
réalisation Sacha Gervasi
photographie Jeff Cronenweth
musique Danny Elfman
interprétation Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, Toni Collette, Jessica Biel

La critique de Didier Koch

Pour apprécier ce film qui s’attaque à une légende, ou plutôt à deux, Hitchcock tout d’abord et par ricochet son plus célèbre film, "Psychose", il faut accepter tous les accommodements avec la réalité du scénario qui gêneront forcément les exégètes du maître du suspense, et ils sont nombreux qui n’ont pas manqué de tomber à bras raccourcis sur ce pauvre Anthony Hopkins, accusé une fois de plus d’en faire des tonnes.

Il faut en vérité être beaucoup plus prosaïque et se laisser aller à l’atmosphère des studios de l’époque, quand les réalisateurs étaient pour quelques temps encore les employés des moguls. En ces temps où la mémoire se perd à toute vitesse mangée par le défilé continu de l'information, il n’est jamais mauvais de rappeler, même de façon tronquée et un peu caricaturale, qui étaient les grands artistes du passé. Il suffit de se rendre sur différents sites du web qui proposent des classements des plus grands films de tous les temps par genre, réalisés par les internautes, pour constater que dans le domaine du suspense, les premières places sont quelques fois trustées par des films aussi markétés que "Saw" ou "Paranormal activity".

Si l'on n’y prend garde, même des génies comme Hitchcock seront noyés un jour dans la masse de la starification de l'anonymat. Des films comme celui de Sacha Gervasi, s’ils sont un peu racoleurs, appuyant un peu trop fort sur les petites manies perverses du grand Alfred, ont le grand mérite de montrer l’artiste au travail et donneront à certains l’envie de voir "Psychose", puis tous les autres films de la foisonnante production hollywoodienne du réalisateur (sa production anglaise qui remonte au muet étant parfois plus obscure, même si elle recèle quelques pépites).

Il convient donc d’y regarder à deux fois avant de jeter le bébé avec l’eau du bain, d’autant plus que les acteurs sont tous très professionnels et que le récit est plutôt alerte et cocasse. La métaphore de la discussion mentale d’Hitchcock avec le véritable tueur Ed Gein, dont l’histoire à inspirée "Psychose", est une tentative d’approcher de façon ludique  le processus de création du maître même si nous savons très bien qu’il a dû penser son film autrement.  Pas la peine d’en faire toute une histoire comme certains journaux élitistes s'y sont prêtés. Répétons-le encore une fois, devant l’engloutissement des vraies valeurs par le flot continu de la toile, il ne faut rejeter par snobisme aucune approche mémorielle.