Menu Fermer

"Étrange séduction"

A story of deadly obsession.

titre original "The comfort of strangers"
année de production 1990
réalisation Paul Schrader
scénario Harold Pinter, d'après le roman de Ian McEwan
photographie Dante Spinotti
musique Angelo Badalamenti
interprétation Christopher Walken, Rupert Everett, Helen Mirren, Natasha Richardson

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Venise, Pinter et de subtils jeux érotiques créent une atmosphère étrange et malsaine. Superbes photos de Venise au crépuscule.

La critique de Citizen Poulpe : cliquer ici.

La critique de Didier Koch

Scénariste de génie ("Taxi driver", "Raging Bull", "Obsession") ou réalisateur médiocre, le débat concernant Paul Schrader a longuement agité l’intelligentsia critique depuis quarante ans. "Étrange séduction", huitième film réalisé par Schrader, n’a sans doute pas contribué à faire changer d’avis ceux qui considèrent qu’il aurait dû se contenter de tenir un stylo.

Cette ode à la beauté architecturale de Venise, si elle n’est pas complètement aboutie en comparaison de la sublime adaptation par Visconti de la nouvelle de Thomas Mann "Mort à Venise" (1971) scandée de manière hypnotique par l’adagietto de la 5ème symphonie de Mahler, ne manque pas de charme.

A partir d’un roman de Ian McEwan ("Un bonheur de rencontre"), écrivain anglais fasciné par la réalisation des fantasmes les plus bizarres au sein du couple pouvant conduire jusqu’au crime, Harold Pinter concocte un scénario assez diffus mettant aux prises un jeune couple de touristes en crise venu chercher un nouveau souffle à Venise et un autre très mystérieux aux contours mal définis, dans une partie de cache-cache inquiétante sur fond d’attraction sexuelle sourde et ambiguë.

Christopher Walken et Helen Mirren ("Excalibur", "The Queen", "Hitchcock") s’y entendent à merveille pour exhaler cette « étrange séduction », comme le dit si bien le titre du film. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Comme Rupert Everett ("Le mariage de mon meilleur ami") et Natasha Richardson ("Patty Hearst"), on peut se laisser aller à cet enivrant mélange d’attraction et de répulsion qui émane de ce couple inquiétant reclus dans un des somptueux palais de la cité lacustre. On peut aussi trouver ce marivaudage éthéré surfait et prétentieux. C’est selon.

La musique d’Angelo Baladamenti accompagne cette étrange sarabande. Présenté à la Mostra de Venise en 1991, le film pourtant dédié à la ville aux canaux n’a pas recueilli l’approbation de la critique, étant aujourd’hui complètement ignoré dans la filmographie de Paul Schrader.