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"Cruising - La Chasse"

titre original "Cruising"
année de production 1980
réalisation William Friedkin
interprétation Al Pacino, Karen Allen, Paul Sorvino, Joe Spinell, Powers Boothe

La critique de Citizen Poulpe : cliquer ici.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Une descente aux enfers hallucinante qui tient du reportage autant que du thriller. Impressionnant et malsain.

La critique de Pierre

Non content d'avoir illuminé les années 70 avec "French connection", "L'Exorciste" et "Le convoi de la peur", Friedkin entre de plein pied dans les années 80 avec ce "Cruising" injustement oublié.

Le pitch : un serial killer sévit dans le milieu des leather bars, à savoir celui des gays SM new-yorkais. Frank Burns (Al Pacino), un jeune flic hétéro qui ressemble aux victimes, est choisi par le commissaire en charge de l'enquête (Paul Sorvino) pour infiltrer le "milieu".

Deux polémiques sans intérêt :
- les protestations dont le film a fait l'objet (avant même sa sortie) de la part de la communauté homosexuelle ;
- les rapports Friedkin/Pacino, exécrables : encore récemment, Friedkin a dit que Pacino était insupportable (arrive en retard, fait exprès d'être mauvais pour que ses partenaires s'épuisent afin d'être ensuite le seul bon sur la prise). Ceci dit, Friedkin, dans le doc, dit qu'il s'est rendu compte que Pacino avait joué très juste.

Deux remarques pas très intéressantes non plus :
- une apparition de Powers Boothe, un second couteau avec une gueule vraiment pas mal, qui joue le vice-président dans "24 heures chrono" saison 6 ;
- un petit rôle pour Joe Spinell, qui se baladait six mois plus tôt dans les mêmes rues, mais cette fois dans le rôle du "Maniac" cher à William Lustig.

Et surtout, qu'est-ce que ça vaut ? Ben, c'est super. D'abord parce que NY/Friedkin/Pacino, que voulez-vous, rien que ça, ça fonctionne. Et le réalisme du film est très frappant (une marque de fabrique de Friedkin). Comme dans les meilleurs films de l'auteur, ça sent le soufre. On est dans l’ambiguïté - sexuelle et morale - permanente.

La mise en image est très réussie, le rythme soutenu, la musique d'ambiance - discrète - est très efficace et réussit à rester en mémoire (pas évident vu la grosse BO punk qu'on entend tout le temps dans les bars et qui casse la tête). Bien sûr, c'est scabreux et glauque, mais bon, ça, on le sait tout de suite, faut l'accepter.

C'est donc UNE RÉUSSITE. Il était temps que le DVD sorte !

Cruising