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"Crazy heart"


titre original "Crazy heart"
année de production 2009
réalisation Scott Cooper
scénario Scott Cooper
interprétation Jeff Bridges, Maggie Gyllenhaal, Colin Farrell, Robert Duvall
 
récompenses • Oscar du meilleur acteur pour Jeff Bridges
• Oscar de la meilleure chanson originale ("The weary kind")

La critique de Didier Koch

Le film de Scott Cooper est entièrement dévolu à Jeff Bridges, qui en a profité pour récolter un Oscar bien mérité après une carrière parsemée de films ambitieux et de prestations toujours justes et quelquefois remarquables. Très ami avec Michael McDonald, ex-chanteur du groupe américain The Doobie Brothers, et entonnant la chansonnette à ses heures, il était probable que Jeff se glisse un jour dans la peau d’un chanteur.

Dans "Crazy heart", il est Bad Blake, ex-gloire de la country dont la carrière s’est gentiment étiolée au gré de ses mariages ratés et surtout de sa consommation immodérée de bourbon. Il sillonne donc seul les États-Unis, profitant de son reste de popularité pour se produire dans des bars ou bowlings dont les tenanciers ne sont pas trop regardants sur la qualité de ses prestations. Non, décidément, le pauvre Bad Blake ne va pas bien et il ressemble de plus en plus à son patronyme de scène.

C’est une jeune journaliste qui va donner à Blake l’envie d’aller chercher le dernier soupçon d’énergie et d’amour propre qui lui reste pour se sortir de l’ornière. Au passage, il aura renoué avec la star montante (Colin Farrell en guest star) à qui il avait mis le pied à l’étrier, ce qui lui permettra de retrouver l’assise financière pour mener à bien sa reconstruction. Un beau film rempli de tendresse qui nous montre un Jeff Bridges au sommet de sa "coolitude", art si particulier, dans le droit fil de son célèbre rôle du “Dude” dans l’inénarrable "The big Lebowski" des frères Coen. Pour l’occasion, il s’est fait un look qui le fait ressembler à s’y méprendre à Kris Kristofferson, hommage sans doute volontaire à un collègue acteur (à moins que ce soit l'inverse !) qui a su mener parallèlement une brillante carrière de chanteur country.

On croise aussi Robert Duvall en patron de bar homosexuel (une première à 78 ans !), et surtout la très gracile Maggie Gyllenhaal ("Donnie Darko", "The dark knight") qui, après avoir craqué pour le chanteur fatigué, saura préserver l’essentiel. On en redemande.