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"Bug"

titre original "Bug"
année de production 2006
réalisation William Friedkin
scénario Tracy Letts, d'après sa propre pièce
interprétation Ashley Judd, Michael Shannon, Harry Connick Jr.

La critique de Pierre

Billy's back ! 4 ans après l'excellllent "Traqué", Friedkin nous revient dans une forme splendide avec ce "Bug", adapté d'une pièce de théâtre, qui sert aussi de véhicule pour Ashley Judd.

Le pitch ? Une meuf vie seule dans un motel paumé au trou des USA. Traumatisée par la perte d'un enfant, elle voit revenir son ancien mari qui sort de prison (Harry Connick Jr.). Elle se lie alors avec un paumé que lui amène une copine, un mec qui se dit ancien militaire poursuivi par des médecins de l'armée. Ensemble, Ashley Judd et ce drôle de man vont se monter le bourrichon dans un délire paranoïaque. A moins que ce ne soit pas un délire... (je suis allé très au-delà du simple pitch, mais c'était le seul moyen).

Bon, ben, Friedkin rules, les mecs. Super bien filmé, "Bug" déjoue parfaitement les pièges du théâtre filmé et reste prenant de bout en bout. On retrouve par instant le traitement saisissant et hyper réaliste de la maladie mentale (ou pas) qui avait si bien fonctionné avec le capitaine sait-tout. Et les acteurs sont parfaits.

Discrètement, Friedkin nous montre depuis deux films qu'il n'a rien perdu de son génie. Ça fait toujours du bien.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Autant l'écrire tout de suite : "Bug" est un chef-d'œuvre. Un chef-d'œuvre qui, après l'efficace "Traqué", confirme le retour en grâce de William Friedkin, cinéaste incontournable qui, de "French connection" au "Sang du châtiment", en passant par "L'Exorciste", a déjà offert au septième art plusieurs classiques.

S'attaquant pour la 3e fois de sa carrière (après "Birthday party" et "Les garçons de la bande") à l'adaptation d'une pièce de théâtre, Friedkin signe ici un (quasi-)huis clos aussi magistral et virtuose qu'angoissant, dont le spectateur, pris aux tripes, ne sort pas indemne. Impossible en effet de ne pas être ébranlé par ce métrage de fou, à la fois réflexion sur la paranoïa et son caractère contagieux et thriller jusqu'au-boutiste.

Le pari n'était pourtant pas gagné d'avance, le huit clos étant un exercice des plus délicats. Mais « le cinéaste, soutenu par une interprétation époustouflante, dominée par Ashley Judd et Michael Shannon (et le crooner Harry Connick Jr., très à son aise dans le rôle de l'ex-mari violent), a du métier et, maniant ici l'art de la suggestion avec brio, s'en tire haut la main et nous offre à l'arrivée un monument, à la folie... contagieuse. » (L'Ecran fantastique)