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Le cinéma américain des années 90 selon feu la revue "Cadrage"

Les années 1990 sont marquées, au cinéma, par une production mondiale dominée par le spectre d'une économie culturelle restreignant de plus en plus la production indépendante et la liberté créative de l'artiste.

À ce titre, "Eyes wide shut" marque peut-être la fin d'une époque à Hollywood, où "l'erreur Kubrick" - soit celle du génie visionnaire indépendant imposant sans concession son œuvre aux grands studios - semble belle et bien rompue au profit d'une démagogie inégalée.

C'est le retour au modèle héroïque américain et aux sources de la narration classique conservatrice, tels que ramenés de façon triomphale par l'émergence du cinéma à grand déploiement de type spielbergien dans les années 1970-80 et qui a atteint dans les années 1990 des sommets d'aberrations idéologiques et esthétiques de toutes sortes (avec entre autres les "Gladiator", "Independence day", "The Patriot", "Armageddon", "Il faut sauver le soldat Ryan" et autres opus du genre).

Mais si la situation semble inquiétante, l'acharnement de certains créateurs laissent espérer (soyons utopiques) en de plus beaux lendemains pour le cinéma américain et celui de ses voisins plus modestes. Foisonnement de jeunes auteurs en France, continuation d'un cinéma indépendant américain plein de vitalité, consécration des vieux routiers dans le déclin d'Hollywood, explosion du cinéma asiatique, inventivité des cinéastes du Nord (Von Trier en tête), et j'en passe.

Afin d'effectuer un bref retour sur cette décennie 1990 finissante, tâchons ici de brosser un portrait sommaire de quelques-uns de ces auteurs visionnaires (parmi tant d'autres) que nous affectionnons particulièrement à Cadrage, et qui combattent toujours pour imposer leur cinéma au pouvoir économique dominant et au goût conservateur du jour :
• Woody Allen et le fétichisme non-manipulable ;
• David Cronenberg, cinéaste-chirurgien ;
• Tim Burton, le cinéma des visions ;
• les frères Coen, naturalistes fantasques ;
• l'état de nature chez Terrence Malick ou l'homme aux plans de coupe : autopsie d'une figure d'autorité en matière d'humanisme cinématographique.