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"Il était une fois dans l'Ouest"

There were three men in her life. One knew her past. One wanted her land. One wanted revenge.

Il était une fois dans l'Ouest - affiche

titre original "C'era una volta il West"
année de production 1968
réalisation Sergio Leone
scénario Sergio Donati et Sergio Leone, d'après une histoire de Dario Argento, Bernardo Bertolucci et Sergio Leone
photographie Tonino Delli Colli
musique Ennio Morricone
interprétation Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabriele Ferzetti, Woody Strode, Jack Elam

La critique de Sébastien Miguel pour Plans Américains

"Il était une fois dans l'Ouest", pur produit du Nouvel Hollywood ?

Entrevues tendues à la fin des années 60 dans les bureaux de la Paramount. Le studio aimerait Warren Beatty ou Kirk Douglas. Bob Roberston aka Sergio Leone (qui a carte blanche depuis son dernier succès transalpin) ne veut qu'un second couteau. Une tronche de travers, Charles Buchinsky, plus connu sous le nom de Charles Bronson, vu dans une avalanches de productions plus ou moins prestigieuses, mais que le cinéaste trouva magistral dans "Les 7 mercenaires".

Robertson réclame aussi l'icône fordienne de probité et de droiture : Henry Fonda. Pourtant, Fonda sera le méchant (pervers, sadique et sans pitié), et le gentil ? la tronche de travers, justement ! « Est-il fou ? », se demandent les producteurs hollywoodiens à propos de Leone ?

Fonda arrive le premier jour de tournage grimé en John Booth, l'assassin d'Abraham Lincoln : cheveux noirs, yeux foncés avec lentilles de contact. Leone hurle : « Non, non, je veux les yeux bleus de M. Fonda !!! »

"Once Upon a Time in the West" est une variation du "Johnny Guitare" de Nicholas Ray (le western le plus fou du genre) et l'héroïne, ancienne prostituée, est surtout une femme en quête de rédemption (Claudia Cardinale, à la beauté sauvage et sensuelle).

L'hypertrophie est partout : des moyens énormes, de la violence, de la transpiration et... une durée homérique.

Leone filme Monument Valley en cinéphile, le temps est dilaté jusqu'à l'abstraction (l'ouverture muette, le guet-apens dans la ville en construction). Bronson, l'indien de Hollywood, est ici encore un peu indien (dans le flash back final), mais devient japonais pendant tout le reste du film : apparitions, disparitions, don d'ubiquité. Une pure figure immatérielle.

La musique du maestro Morricone accentue la tension, les situations extrêmes, et transforme la fresque lyrique en opéra baroque.

L'Amérique s'érige sur les corps assassinés, la corruption gangrène tout et la volonté de puissance de certains est innommable (Gabriele Ferzetti, magnifique).

Le film sort aux États-Unis tronqué, amputé (Henry Fonda ne peut abattre un petit enfant innocent !), et c'est évidemment un échec commercial pour la firme américaine. Dans le reste du monde ? C'est un triomphe faisant de Bronson une star.

Point culminant d'une entreprise de démythification de l'Ouest et de l'Amérique, "Il était une fois dans l'Ouest" reste bien un film du Nouvel Hollywood.

Photos de tournage

Il était une fois dans l'Ouest - générique