
| titre original | "Boomerang!" |
| année de production | 1947 |
| réalisation | Elia Kazan |
| scénario | Richard Murphy, d'après un article de 1945 de Fulton Oursler (écrit sous le nom d'Anthony Abbot) |
| photographie | Norbert Brodine |
| musique | David Buttolph |
| production | Louis De Rochemont |
| interprétation | Dana Andrews, Jane Wyatt, Lee J. Cobb, Cara Williams, Arthur Kennedy, Sam Levene, Taylor Holmes, Robert Keith, Ed Begley |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Troisième film d'Elia Kazan, c'est le meilleur qu'il ait tourné dans les années quarante. C'est en tout cas celui qui se rapproche le plus de ses films ultérieurs. La chose est due, en grande partie, à sa rencontre avec le producteur Louis de Rochemont, connu pour son goût du réalisme. Les films qu'il a produits se distinguent par leur aspect documentaire et il est à l'origine d'un certain néo-réalisme américain dans le cinéma d'après-guerre. Ce parti pris vériste ne pouvait que convenir à Kazan qui put tourner cette histoire authentique sur les lieux mêmes de l'action ou presque (Stamford au lieu de Bridgeport, dans le Connecticut), mêlant des gens de la ville à d'excellents professionnels. En outre, le scénario est intéressant, offrant au passage à Kazan l'occasion de dénoncer la corruption municipale, l'exploitation politique d'un fait divers par la presse, le déni de justice, avant de conclure sur une fin ambiguë et intrigante. Pour les connaisseurs, ils reconnaîtront au passage Joe Kazan, l'oncle d'Elia, dont son neveu racontera plus tard l'histoire dans "America, America". Pour les mordus, ils s'évertueront à reconnaître Arthur Miller parmi les figurants.

