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"Meurtre sous contrat"

Le film qui a le plus influencé le réalisateur Martin Scorsese

Meurtre sous contrat - affiche

titre original "Murder by Contract"
année de production 1958
réalisation Irving Lerner
scénario Ben Simcoe (et Ben Maddow, non crédité)
photographie Lucien Ballard
musique Perry Botkin Sr.
production Leon Chooluck
interprétation Vince Edwards, Phillip Pine, Herschel Bernardi

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Sur un scénario très banal, une mise en scène efficace : les préparatifs du meurtre, les gestes du tueur, son équipement, tout nous est montré sur un ton sec, froid, détaché, celui du documentaire. L'un des meilleurs films de série B des années cinquante.

Extrait de la chronique du 17 mai 2010 de Bertrand Tavernier

"Meurtre sous contrat" reste un film mystérieux, intrigant, sec comme un coup de trique… Notre notule était assez succincte et négative. Et l'on sous-estimait le ton formidablement moderne, très en avance sur son temps. On comprend l'enthousiasme de Scorsese – l'influence est claire, contrairement à d'autres influences, assez problématiques, revendiquées par Scorsese. Il y a des scènes étonnantes, entre Edwards et ses deux acolytes, dont l'un ne comprend rien à ses méthodes et s'inquiète continuellement, un serveur d'hôtel qu'il engueule avant de lui donner un gros pourboire, ou une prostituée avec laquelle il ne veut absolument pas coucher… Ce dépouillement est peut-être dû à des qualités négatives, au manque d'expérience de Lerner. À ses hésitations quant à la place de la caméra, pointées par Ben Maddow, scénariste blacklisté que Philip Yordan, seul à apparaître au générique, utilisa de nombreuses fois comme nègre ("Côte 465", "Le Petit Arpent du bon Dieu", "Quand la marabunta gronde"). Comme le dit Jean-Pierre Coursodon à qui j'emprunte ses commentaires pertinents, le chef-opérateur suppléait à cette carence. Il y a en effet au début une scène à deux personnages où l'on ne voit pas la tête du premier et quand l'autre s'assoit dans un fauteuil, on ne voit plus que ses jambes.
Néanmoins, les films suivants de Lerner paraissent plus ternes, voire frustres que celui-ci sans que ce dépouillement ressemble à de la modernité.

Extrait de la chronique du 27 juillet 2011 de Bertrand Tavernier

"Meurtre sous contrat" est d'une rare sécheresse, mais je me suis toujours demandé si ce ton dépouillé, dégraissé, surprenant dans son refus de la scène à faire, ne venait pas autant des manques d'Irving Lerner (qui apparaitront dans ses films suivants) que de ses qualités : une certaine platitude dans les cadres, les plans qui contredit des options souvent intelligentes. Le scénariste Ben Maddow (non crédité) a dû aussi jouer un rôle important.

Meurtre sous contrat - générique